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Avec Égrégore, Mylène Farmer mise sur la nostalgie au risque de tourner en rond

Quatre ans après L’Emprise, Mylène Farmer publie le 30 octobre 2026 Égrégore, son treizième album studio. Le disque réunit treize titres autour de thèmes sombres et d’une production électro-pop qui puise largement dans les sonorités des années 1980. Cette fidélité à l’univers de la chanteuse nourrit aussi la principale réserve de la critique : l’impression que l’album revisite des recettes déjà éprouvées. (youtube.com)

A fashionable woman with curly hair stands outdoors, holding a pole in a city alleyway.
Oktay Köseoğlu · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Une atmosphère de fin du monde

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Vue sur Trouville (1875) – Eugéne Boudin (1824-1898) · CC BY 2.0 · Source : commons.wikimedia.org

Les premières chansons installent un climat inquiet. Dans « C’est à qui le tour », Mylène Farmer évoque un monde où la liberté d’expression, le désir et les différences seraient menacés. « Des lols et des quoi » poursuit cette réflexion autour de la censure et de l’appauvrissement du langage, sans que l’intention — satire ou constat — soit toujours facile à discerner.

Le titre de l’album renvoie à une notion ésotérique : un égrégore est une entité collective associée aux pensées et aux émotions d’un groupe. Le concept fait écho au lien que la chanteuse revendique avec son public. Mais, selon la lecture proposée par RFI, cette idée de communion ne se traduit pas toujours par une véritable unité musicale au fil des treize morceaux.

Comme souvent dans l’univers de l’artiste, la musique s’accompagne d’un dispositif visuel important. L’album a été précédé d’annonces, de clips réalisés notamment par Julia Ducournau et Gilles Lellouche, ainsi que d’une projection événement dans plusieurs centaines de salles. La sortie prolonge ainsi une démarche où l’image et la mise en scène occupent une place centrale.

Des références familières, quelques éclaircies

Plusieurs morceaux renouent avec une synth-pop marquée par les années 1980. « Recréer un jour », composé par Moby, s’appuie sur une boîte à rythmes et une batterie réverbérée. « On a toujours le choix » prolonge cette orientation, tandis que « Reste la lumière » met en avant le sens mélodique de la chanteuse.

À mesure que l’album avance, toutefois, les mêmes nappes synthétiques, envolées vocales et paroles énigmatiques peuvent donner une impression de répétition. La production de DJ Lewis, qui signe l’essentiel du disque selon RFI, ne semble pas suffisamment déplacer les repères de l’artiste.

La collaboration avec DJ Snake illustre ce contraste. « Combien pour la nuit » vise une énergie dansante et multiplie les clins d’œil à l’électro-pop, mais la critique estime que le morceau ne retrouve pas la fraîcheur de « Oui mais… non ». « Sans amarres », également réalisé avec DJ Snake, convainc davantage par son départ délicat et son atmosphère mélancolique.

Les moments les plus marquants se trouvent, selon RFI, lorsque le disque ralentit. « Confession », hommage à David Lynch déjà interprété au Festival de Cannes en 2025, associe piano et voix métallique dans une ambiance dépouillée. « Plus d’écho », autre composition de Moby, laisse apparaître une sensibilité trip-hop. Ces titres constituent toutefois des réussites ponctuelles plutôt qu’un changement de direction pour l’ensemble de l’album.

Une formule préservée

La critique ne réduit pas l’identité de Mylène Farmer à un défaut : son goût du kitsch, du macabre et du mélodrame participe à l’univers qui a fait sa singularité. Mais, là où L’Emprise avait trouvé un équilibre avec des collaborateurs comme Woodkid, Archive, Aaron et Moby, Égrégore donne davantage le sentiment d’un retour à des codes familiers.

Le disque prolonge ainsi une esthétique reconnaissable, entre nostalgie synthétique et visions dystopiques, sans parvenir à renouveler pleinement la formule. L’album est paru chez Stuffed Monkey/Sony Music.


Source : RFI – Actualités, info, news en direct – Radio France Internationale (www.rfi.fr)

Article original : Consulter la source originale

Auteur : Pablo Patarin

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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