Aller au contenu
Flash Info

À Paris, une exposition retrace les héritages maghrébins du cinéma français depuis les années 1960

Le Musée national de l’histoire de l’immigration, à Paris, inaugure ce 30 octobre 2026 l’exposition « Une histoire du cinéma français. Héritages maghrébins ». De films pionniers longtemps peu diffusés aux acteurs et réalisatrices aujourd’hui reconnus, le parcours retrace comment l’immigration maghrébine a contribué à transformer le septième art français. La commissaire Clémentine Deroudille met notamment en lumière des œuvres oubliées et des liens entre plusieurs générations de cinéastes.

A large, colorful artwork displayed in a contemporary indoor gallery with people viewing.
Polina Chistyakova · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Retisser une histoire du cinéma français

A historic Roman building surrounded by greenery in Rome, Lazio, Italy.
Sanoj Hettige · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

L’exposition remonte aux indépendances des années 1960 pour raconter une histoire que Clémentine Deroudille juge encore méconnue. Selon la commissaire, les héritages maghrébins ont apporté au cinéma français de nouveaux visages, de nouveaux récits et de nouveaux décors. Le parcours entend aussi montrer l’influence de films peu connus sur des réalisateurs qui ont ensuite marqué le cinéma.

La restauration de Mektoub, réalisé par Ali Ghalem, est au cœur de cette démarche. Le film, présenté au début de l’exposition, avait disparu des écrans faute d’avoir été conservé. Clémentine Deroudille lui attribue une influence sur plusieurs cinéastes, dont Mehdi Charef, Rachid Bouchareb et Abdellatif Kechiche. Pour elle, sa redécouverte éclaire autrement les filiations artistiques qui traversent le cinéma français.

Le parcours remet également en avant Le Théorème d’Archimède, de Mehdi Charef. La commissaire le décrit comme une œuvre importante pour les familles d’origine maghrébine, parce qu’elle a porté à l’écran des récits jusque-là peu présents dans le cinéma français.

Des films qui déplacent le regard

Parmi les œuvres présentées, Indigènes de Rachid Bouchareb occupe une place particulière. Sorti vingt ans avant l’exposition, le film raconte la participation de soldats algériens, marocains et tunisiens à l’armée française pendant la Seconde Guerre mondiale. Clémentine Deroudille rappelle que le film a contribué à remettre cette histoire en lumière et que, selon elle, il a accompagné la révision des pensions de ces anciens soldats sous la présidence de Jacques Chirac.

La commissaire souligne aussi la place donnée à l’écran à des acteurs d’origine maghrébine. Elle rapproche Indigènes de Taxi, succès populaire auquel ont participé Sami Bouajila et Samy Naceri, et cite Jamel Debbouze parmi les artistes ayant contribué à faire évoluer la représentation de ces acteurs dans le cinéma français.

L’exposition suit cette évolution depuis des rôles souvent stéréotypés, notamment ceux incarnés par Mohamed Zinet, jusqu’à des interprètes aujourd’hui présents dans des registres variés. Roschdy Zem et Reda Kateb figurent parmi les exemples évoqués par Clémentine Deroudille. Un mur consacré aux César et aux Palmes d’or rassemble également des noms comme Camélia Jordana, Leïla Bekhti, Hafsia Herzi et Rachida Brakni.

Rendre visibles des mémoires et des parcours

Le cinéma est aussi présenté comme un moyen de faire connaître des épisodes historiques et des destins longtemps restés dans l’ombre. Clémentine Deroudille cite le documentaire Octobre à Paris, de Jacques Panigel, consacré aux événements du 17 octobre 1961. Le film, réalisé en 1962, n’a obtenu son visa d’exploitation qu’en 1973, après une grève de la faim de René Vautier, rappelle l’article de RFI.

Autre exemple : Nos frangins, de Rachid Bouchareb, qui revient sur la mort de Malik Oussekine. La commissaire souligne que le film évoque également Abdel Benyahia, tué le même soir. À ses yeux, cette évocation contribue à faire connaître son histoire au-delà du cercle de ceux qui la connaissaient déjà.

La place des femmes constitue un autre fil du parcours. Hafsia Herzi, révélée comme actrice par La Graine et le mulet, est aussi devenue réalisatrice. Avec Bonne Mère, elle filme notamment le parcours d’une femme algérienne en France. L’exposition met en avant cette évolution artistique et la visibilité de femmes dont les histoires ont longtemps été peu représentées.

Présentée au Musée national de l’histoire de l’immigration à Paris, l’exposition est ouverte du 30 octobre 2026 au 21 mars 2027. Le musée la décrit comme un parcours consacré à plus de soixante ans de transformations du cinéma français sous l’impulsion de cinéastes, d’acteurs et d’actrices issus de l’immigration maghrébine. (histoire-immigration.fr)


Source : RFI – Actualités, info, news en direct – Radio France Internationale (www.rfi.fr)

Article original : Consulter la source originale

Auteur : Siegfried Forster

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

Voir le profil et tous les articles
POUR APPROFONDIR

Articles liés à ce sujet

Articles de la même rubrique ou associés à cette localité. Il s’agit de contenus liés, pas nécessairement de comptes rendus du même événement.

Artia13 Music
Compte
Temps de lecture gratuit05:00