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Harcèlement des jeunes : l’IA apaise les victimes, sans remplacer l’aide d’un adulte

Près d’un jeune sur trois dit avoir subi du harcèlement ou du cyberharcèlement. Face à ces violences, un quart des jeunes victimes interrogées se sont tournées vers un assistant conversationnel pour chercher du soutien ou des conseils, selon le baromètre 2026 d’e-Enfance. L’association souligne toutefois que cet échange peut apporter un apaisement sans remplacer l’aide d’un adulte.

A person crouches in a corner surrounded by pointing fingers, illustrating social pressure and bullying.
Ivonne Vallejos · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Un premier recours pour parler des violences

Group of activists holding a sign advocating against violence.
Pavel Danilyuk · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Publié le 29 octobre, le sixième baromètre annuel d’e-Enfance, réalisé avec le soutien de la Caisse d’Épargne, porte sur les jeunes de 6 à 18 ans. Il montre que les outils conversationnels entrent dans les démarches de certaines victimes : 25 % d’entre elles disent y avoir eu recours pour obtenir de l’aide. Parmi ces jeunes, 83 % estiment que cet échange a contribué à réduire ou à résoudre leur problème. (e-enfance.org)

Pour Samuel Comblez, psychologue et directeur général adjoint d’e-Enfance, ce recours révèle surtout le besoin des enfants de pouvoir parler et d’être écoutés. Le soulagement ressenti peut être immédiat, mais il ne suffit pas à établir que la victime est protégée ou que les violences ont cessé.

Certains jeunes utiliseraient aussi ces échanges pour se préparer à aborder le sujet avec leurs parents. La part des jeunes qui parlent à leurs proches est passée de six sur dix en 2025 à sept sur dix en 2026, selon les chiffres rapportés par l’association.

Le soutien d’un adulte reste essentiel

e-Enfance met en garde contre le risque qu’un jeune s’enferme dans une relation exclusive avec un interlocuteur virtuel. Pour sortir d’une situation de harcèlement ou de cyberharcèlement, l’intervention d’un adulte demeure nécessaire, insiste Samuel Comblez.

Les conséquences peuvent aussi durer au-delà des faits eux-mêmes. Près d’une victime sur deux dit avoir perdu confiance en elle et quatre sur dix se seraient repliées sur elles-mêmes après des humiliations, rapporte le psychologue. Certaines peuvent finir par penser qu’elles sont responsables de ce qu’elles subissent. Faire cesser les violences est donc indispensable, mais l’accompagnement peut également aider à reconstruire la confiance.

Le 3018 reste méconnu

Le baromètre appelle à renforcer la prévention et à mieux faire connaître les dispositifs d’aide. Le 3018, destiné aux victimes de cyberharcèlement et à leurs parents, est accessible tous les jours de 9 heures à 23 heures. Pourtant, plus de sept jeunes sur dix et plus de six parents sur dix ignoreraient son existence, selon les données citées par e-Enfance.

Pour l’association, les outils conversationnels peuvent constituer un premier espace de parole, mais ne remplacent ni l’intervention d’un adulte ni un accompagnement adapté. La priorité reste de faire cesser les violences et de soutenir les jeunes victimes dans la durée.


Source : RFI – Actualités, info, news en direct – Radio France Internationale (www.rfi.fr)

Article original : Consulter la source originale

Auteur : Arame Mbengue

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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