Le rétablissement de la peine de mort au Burkina Faso et la levée du moratoire sur les exécutions en République démocratique du Congo illustrent un recul préoccupant des droits humains en Afrique. Pourtant, la tendance n’est pas uniforme : plusieurs pays ont aboli cette sanction, tandis que d’autres en restreignent le champ d’application.

Des situations contrastées selon les pays

En Afrique, une vingtaine d’États prévoient encore la peine capitale dans leur arsenal juridique. Maître Mamadou Ismaïla Konaté, avocat et ancien ministre malien de la Justice, distingue ceux où des exécutions ont lieu de ceux où des tribunaux prononcent des condamnations à mort sans que les sentences soient exécutées.
Il cite notamment l’Égypte, la Somalie et le Soudan parmi les pays qui procèdent à des exécutions, et ajoute la Libye depuis 2026. Parmi les États où des condamnations ont été prononcées en 2025 sans exécution, il mentionne le Mali et le Niger, ainsi que le Burkina Faso, le Nigeria, la RDC, la Mauritanie, l’Éthiopie, le Kenya, la Tanzanie, les Comores et la Gambie.
La responsable de la commission peine de mort à Amnesty International France, Anne Denis, souligne toutefois que la situation évolue aussi dans le sens de l’abolition ou d’une limitation des infractions passibles de cette peine. Selon elle, l’Afrique subsaharienne a connu plusieurs abolitions successives.
La source recense 23 pays africains ayant aboli la peine de mort jusqu’en 2022, puis un de plus en 2024. La Zambie l’a alors supprimée pour tous les crimes. Le Burkina Faso et le Zimbabwe l’avaient, eux, abolie pour les crimes de droit commun. Au total, une trentaine de pays africains l’ont abolie pour tous les crimes ou pour les crimes de droit commun ; plusieurs autres maintiennent un moratoire sur les exécutions.
Le Burkina Faso revient sur l’abolition
Le Burkina Faso avait aboli la peine de mort en 2018. Le 20 octobre 2026, l’adoption d’un nouveau code pénal a rétabli cette sanction pour plusieurs infractions, dont le terrorisme, l’espionnage, la trahison et le parricide. Elle est également prévue pour l’importation de produits périmés ou prohibés lorsqu’elle entraîne la mort. (apnews.com)
En RDC, le gouvernement a levé le moratoire qui empêchait l’application des condamnations à mort depuis plus de vingt ans. Cette décision, comme le rétablissement burkinabè, marque un changement dans la pratique de la peine capitale sur le continent.
Amnesty International relève que le débat sur la peine de mort revient souvent dans des pays confrontés à de graves problèmes de sécurité, notamment des rébellions de groupes armés ou des attaques terroristes. Ces enjeux coexistent avec des démarches d’abolition et de restriction : le paysage africain reste donc partagé entre recul et maintien de la peine capitale.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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