Après les manifestations des 17 et 24 octobre, les commerçants demandent à pouvoir ouvrir exceptionnellement le dimanche afin de récupérer une partie des ventes perdues. Le gouvernement s’est montré favorable à cette possibilité, mais les professionnels soulignent qu’une journée supplémentaire ne suffira pas si les clients désertent les centres-villes.

Des dérogations réclamées pour novembre et décembre

Le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, a exprimé le 29 octobre son soutien à des ouvertures dominicales temporaires, estimant qu’elles pourraient aider les commerces à retrouver de l’activité. Il s’agit toutefois d’un accord de principe : les autorisations doivent encore être organisées.
L’Alliance du commerce, qui représente notamment des grands magasins et des enseignes de l’habillement et de la chaussure, demande au gouvernement de donner rapidement des consignes aux préfets. La demande porte sur l’ensemble des dimanches de novembre et décembre ou, à défaut, sur les six dimanches du 22 novembre au 27 décembre.
Selon l’organisation, les baisses de chiffre d’affaires pourraient atteindre 90 % dans certaines zones commerciales lors des journées de mobilisation. Elle évoque également plus de 2 500 commerces dégradés ou pillés au cours des deux journées. Ces estimations sont avancées par l’Alliance du commerce.
Une mesure qui ne compenserait pas les samedis perdus
Les professionnels ne présentent pas l’ouverture dominicale comme une solution suffisante. Pour la Confédération des commerçants de France, le dimanche ne peut remplacer l’activité d’un samedi, journée importante pour de nombreux magasins, notamment dans les centres-villes. Son représentant, Pierre Bosche, estime aussi que les manifestations éloignent les clients, qu’il y ait ou non des dégradations.
L’Alliance du commerce souhaite malgré tout récupérer une partie des ventes, alors que l’évolution du mouvement social reste incertaine. Son directeur général, Yohann Petiot, a également fait part de ses craintes concernant de nouvelles perturbations en novembre.
Des conditions pratiques et la fréquentation en question
Pour que les ouvertures supplémentaires puissent être mises en place, les commerçants demandent des règles communiquées assez tôt et appliquées de manière claire. Les salariés devraient être volontaires, avec des compensations prévues et des plannings adaptés. Les petits commerces indépendants pourraient rencontrer davantage de difficultés à ouvrir un jour de plus, faute de personnel ou de possibilités de réorganiser les repos.
Reste à savoir si les consommateurs reviendront dans les rues commerçantes. Yohann Petiot estime que des magasins ouverts ne suffiront pas si les centres-villes restent peu fréquentés. Les organisations professionnelles souhaitent notamment que les parcours des manifestations évitent autant que possible les principales rues commerçantes. Elles comptent aussi sur les maires pour encourager les déplacements, par exemple au moyen d’événements ou de parkings gratuits.
L’enjeu est particulièrement important à l’approche des fêtes de fin d’année. Selon l’Alliance du commerce, l’activité du secteur de l’habillement avait déjà reculé de 17 % en septembre. Les commerçants espèrent donc à la fois pouvoir ouvrir davantage et retrouver une fréquentation suffisante pour soutenir leurs ventes.
Source : Toute l'actualité du Journal du dimanche (www.lejdd.fr)
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Auteur : Louise Dugast







