La publication, début octobre, de 722 manuscrits mathématiques produits par un modèle avancé d’OpenAI a provoqué une onde de choc chez des chercheurs. Certains textes sont présentés comme apportant des réponses à des problèmes étudiés depuis des décennies, voire des siècles. À l’Université Paris-Saclay, la mathématicienne Viviane Pons dit entendre de nombreuses interrogations dans les laboratoires.

Une publication qui bouscule les chercheurs
Les 722 manuscrits ont été rédigés par un modèle qui n’a pas encore été rendu public. La publication a marqué les esprits par son ampleur et par la nature des problèmes abordés. Selon les éléments rapportés, certains résultats concernent des questions majeures qui occupaient les chercheurs depuis longtemps.
La portée de ces travaux suscite aussi des interrogations au sein de la communauté mathématique. Viviane Pons, maîtresse de conférences en informatique à l’Université Paris-Saclay, décrit des échanges désormais fréquents dans les laboratoires. « Il y a des tas de questions qui se posent. Dans les laboratoires, on en parle tout le temps », résume-t-elle.
Un choc exprimé par Hugo Duminil-Copin
Hugo Duminil-Copin, mathématicien et lauréat de la médaille Fields 2022, a lui aussi fait part de son bouleversement auprès de la chaîne suisse RTS. « Ça a été un choc monumental. J’en ai même pleuré », a-t-il déclaré.
La médaille Fields, distinction reçue par le chercheur, est souvent présentée comme l’équivalent du prix Nobel en mathématiques. Son témoignage illustre l’intensité des réactions provoquées par ces avancées, alors que les chercheurs s’interrogent sur leur portée pour la discipline.
Des questions encore ouvertes
Le matériau disponible ne détaille ni les problèmes concernés ni la manière dont les manuscrits ont été évalués. Il ne permet pas non plus de préciser quelles solutions ont été examinées ou confirmées par des chercheurs. Les résultats sont donc à distinguer de leur validation par la communauté mathématique.
À ce stade, l’ampleur de la publication et les réactions de chercheurs comme Viviane Pons et Hugo Duminil-Copin témoignent surtout du débat qu’elle a déclenché. Les questions sur la place de ces nouveaux modèles dans la recherche restent, elles, au cœur des discussions.
Source : Ouest France.fr – L'actualité en direct, en continu et en images (www.ouest-france.fr)
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