À Miski, dans la province du Tibesti, les tensions autour de l’exploitation de l’or se doublent d’un désaccord sur l’application de l’accord de paix conclu en avril 2025. Alors que des habitants réclament davantage de poids dans la gestion des ressources et de leurs revenus, les autorités et le comité d’autodéfense s’accusent mutuellement de ne pas respecter le texte. Des responsables locaux et la Médiature appellent à faire cesser les hostilités et à reprendre le dialogue.

La gestion de l’or au centre du différend

Le droit tchadien attribue à l’État la propriété des ressources du sous-sol. Les populations peuvent bénéficier des retombées économiques de leur exploitation, sans en être propriétaires. À Miski, plusieurs habitants contestent cette répartition et souhaitent participer davantage à la gestion des ressources aurifères, ainsi qu’obtenir une part plus importante des bénéfices.
Le chercheur Remadji Hoinathy, de l’Institut d’études de sécurité (ISS), voit dans ce conflit une opposition entre les revendications locales et le principe de souveraineté de l’État. Selon son analyse, le comité d’autodéfense a cherché à faire prévaloir sa conception de la gestion minière en s’appuyant sur des structures armées. (amp.dw.com)
L’accord de paix contesté
Signé le 20 avril 2025 entre les autorités tchadiennes et le comité représentant les populations de Miski, l’accord devait mettre fin aux affrontements. Il prévoit notamment un cessez-le-feu, une amnistie pour les personnes impliquées dans les hostilités passées et des dispositions concernant l’exploitation de l’or.
Abakar Assileck Halata, président du Mouvement des patriotes pour la renaissance du Tchad et coordonnateur de la Nouvelle dynamique pour le changement au Tchad, accuse le gouvernement de ne pas avoir appliqué certaines clauses. Il cite en particulier l’annulation des permis miniers en cours et la suspension de l’exploitation à Miski et dans ses environs, dans l’attente d’une cartographie environnementale et sociale.
Les autorités rejettent ces accusations et affirment avoir respecté leurs engagements. Les deux camps se renvoient ainsi la responsabilité de la détérioration de la situation sécuritaire, tandis que le différend sur les dispositions minières demeure au cœur de la crise. (amp.dw.com)
Des appels à la désescalade
Dans une déclaration signée le 19 octobre à N’Djamena, des chefs traditionnels, des organisations de la société civile, des associations de femmes et des représentants de la jeunesse ont demandé l’application intégrale de l’accord de Bardaï. Ils réclament également la mise en place d’un cadre permanent de dialogue pour prévenir de nouveaux affrontements dans le Tibesti.
La Médiature de la République a, de son côté, appelé les autorités et le comité d’autodéfense à privilégier la retenue et la concertation. Dans un communiqué publié le 23 octobre 2026, le médiateur Saleh Kebzabo a fait part de son inquiétude face à la dégradation de la situation à Miski et aux risques qu’elle fait peser sur la sécurité des habitants, la cohésion sociale et les avancées du dialogue. Il a exhorté les parties à cesser les hostilités, à réduire les tensions et à reprendre les discussions. (amp.dw.com)
La crise pose une question qui dépasse Miski : comment répondre aux attentes des communautés locales tout en maintenant l’autorité de l’État sur les ressources naturelles ? Dans le Tibesti, l’avenir de l’accord de paix dépend notamment de la manière dont les parties parviendront à régler leurs désaccords sur l’exploitation de l’or et le partage de ses retombées. (amp.dw.com)
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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Auteur : Eric Topona







