La nouvelle symphonie de Tod Machover, already and not yet, sera créée le jeudi 22 octobre par l’Orchestre symphonique de Boston. En trois mouvements, l’œuvre met en scène les tensions et les possibilités de la démocratie, tandis qu’un dispositif sonore interactif réagit au jeu des musiciens. Les représentations, dirigées par Kent Nagano, sont programmées jusqu’au 24 octobre au Symphony Hall. (news.mit.edu)

Trois mouvements, trois étapes

La composition suit un parcours en trois temps. Dans « Smash Up », les cuivres, les percussions et les sons électroniques prennent progressivement le dessus sur les cordes et les vents. Tod Machover décrit cette première partie comme une montée de sonorités oppressantes et agressives.
« Wake Up », le deuxième mouvement, ouvre une parenthèse de réflexion et de reprise. Les textures et les mélodies s’y développent peu à peu. Puis « Stand Up » fait dialoguer plus activement l’ensemble des musiciens, autour d’un équilibre entre expression individuelle et dynamique collective.
Cette progression nourrit la lecture politique de l’œuvre, sans qu’elle soit explicitement racontée sur scène. Le compositeur présente l’orchestre comme un groupe où se négocient les rapports entre individus, ensemble et direction musicale. Selon lui, la manière dont les instrumentistes alternent liberté et consignes fait partie du propos.
Un dispositif qui dialogue avec l’orchestre
Le système conçu au MIT Media Lab transforme les sons et les échanges musicaux en matière pour la composition. Dans « Wake Up », il doit faire ressortir les particularités des instrumentistes. Dans le dernier mouvement, il cherche plutôt à créer des passerelles sonores entre eux et à prolonger la musique dans la salle grâce à des haut-parleurs installés spécialement pour les concerts. (news.mit.edu)
Les outils ne remplissent donc pas la même fonction d’un mouvement à l’autre : ils accompagnent le passage d’une individualité mise en évidence vers une forme de cohésion. Manaswi Mishra, doctorant au Media Lab, a conçu et construit le système. Ana Schon, également doctorante, assurera le mixage sonore pendant les représentations.
Machover, professeur de musique et de médias au MIT et directeur artistique du groupe Opera of the Future, travaille depuis longtemps à l’intégration de technologies dans ses œuvres. Il a notamment développé des « hyperinstruments », capables de répondre aux gestes et aux techniques de jeu. Le violoncelliste Yo-Yo Ma a interprété des compositions utilisant ces instruments.
Une création liée à l’anniversaire du Media Lab
Les concerts s’inscrivent dans la semaine des célébrations du 40e anniversaire du MIT Media Lab, auquel Machover appartient depuis son ouverture. L’œuvre a été commandée par l’Orchestre symphonique de Boston et bénéficie du soutien du New Works Fund du Massachusetts Cultural Council. (news.mit.edu)
Le compositeur souhaite aussi que le public puisse recevoir la pièce comme une œuvre musicale, sans devoir en suivre le programme politique ou les procédés techniques. Une mélodie traverse les trois mouvements : d’abord esquissée, puis fragmentée, elle devient centrale dans le dernier. Machover la présente comme un motif de résolution et d’espoir, en accord avec le titre de l’œuvre, qui associe ce qui existe déjà à ce qui reste à construire.
Source : MIT News (news.mit.edu)
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Auteur : Peter Dizikes | MIT News







