La Lune continue de se contracter à mesure qu’elle se refroidit. Une étude publiée le 14 octobre dans The Planetary Science Journal s’appuie sur plus de 10 000 failles repérées à sa surface pour estimer que son rayon a diminué d’environ 45 mètres au cours des 400 à 800 derniers millions d’années. (doi.org)

Des failles qui témoignent d’une contraction

La contraction thermique est liée au refroidissement : en perdant de la chaleur, un matériau tend à se réduire. À l’échelle de la Lune, ce processus exerce des contraintes sur la croûte et peut y former des failles de chevauchement, visibles sous la forme d’escarpements.
Des reliefs de ce type avaient déjà été observés par les astronautes des missions Apollo dans les années 1970. Les sismomètres installés sur la surface lunaire avaient également enregistré de petits séismes compatibles avec des mouvements de contraction. Les observations de la sonde Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO), lancée en 2009, ont ensuite permis d’étudier ces structures à l’échelle du satellite.
Les chercheurs ont recensé plus de 10 000 failles récentes à partir des images de la LRO. Leur analyse porte sur des reliefs des hautes terres lunaires et des plaines volcaniques, et sert à estimer la contraction enregistrée par ces structures. (doi.org)
Une baisse estimée à 45 mètres du rayon
Selon l’étude, le rayon de la Lune aurait diminué d’environ 42 à 46 mètres, soit près de 45 mètres. Les auteurs estiment que cette contraction correspond à une cadence moyenne de 6 à 11 centimètres par million d’années, selon que l’on situe le début de la période étudiée vers 800 ou 400 millions d’années. Il s’agit d’une estimation calculée sur une longue période, et non d’une mesure directe de la vitesse actuelle du phénomène. (doi.org)
Ces chiffres décrivent une évolution très lente à l’échelle humaine. Mais l’étude souligne que les failles et les séismes lunaires sont liés à cette activité géologique, et que leur distribution aide à reconstituer l’histoire thermique de la Lune.
Une explication encore proposée par les chercheurs
La présence de failles ne semble pas, selon l’étude, s’expliquer par une contraction uniforme et continue depuis les débuts de l’histoire lunaire. Les chercheurs avancent que le mégarégolithe — une couche de roches fragmentées par les impacts — aurait pu ralentir la perte de chaleur interne. Les nombreux vides entre ces fragments en feraient un isolant moins efficace pour conduire la chaleur que des roches compactes.
Cette couche, qui aurait plusieurs kilomètres d’épaisseur, pourrait ainsi avoir retardé le refroidissement et la contraction de la Lune. Il s’agit d’une hypothèse proposée pour expliquer la formation relativement tardive des failles, et non d’une conclusion définitive. Les résultats pourraient également contribuer à l’étude de l’évolution thermique d’autres corps planétaires dépourvus d’une tectonique des plaques comparable à celle de la Terre.
Source : Les dernières actualités de Futura-Espace (www.futura-sciences.com)
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Auteur : Morgane Gillard, Rédactrice







