Une nouvelle consultation, sans vente automatique
Présenté au conseil d’administration de la LFP le 6 octobre 2026, l’appel d’offres doit permettre de mer l’intérêt des diffuseurs pour le championnat. Selon une source proche du dossier citée par franceinfo, plusieurs acteurs auraient manifesté leur intérêt. La Ligue indique toutefois qu’elle ne retiendra une proposition que si elle correspond à sa stratégie.
Les candidats pourraient choisir entre l’achat des droits de diffusion seuls et celui d’une offre comprenant la diffusion de Ligue 1+. Si les enchères sont jugées insuffisantes, la LFP prévoit de continuer à exploiter sa chaîne, dont le coût de production est estimé à environ 60 millions d’euros par an.
Pour la Ligue, le lancement de Ligue 1+ a aussi modifié son rapport avec les diffuseurs. La LFP souligne notamment que la réglementation permet désormais de commercialiser l’ensemble des matchs dans un seul lot, une formule susceptible de simplifier l’offre pour un distributeur.
Des revenus jugés insuffisants pour les clubs
Cette remise en concurrence intervient peu après le lancement de la chaîne, solution retenue à l’issue de la crise des droits télévisés. La rapidité de cette nouvelle démarche suscite des interrogations chez les spécialistes cités par franceinfo.
Antoine Feuillet, maître de conférences à l’université Paris-Saclay et spécialiste des droits TV, estime qu’une revente aussi rapide pourrait limiter la valeur de Ligue 1+. Selon lui, la chaîne aurait pu contribuer à valoriser le championnat avant une éventuelle cession ultérieure. Il voit dans cet appel d’offres un signe que la plateforme ne génère pas encore suffisamment de revenus pour les clubs.
Pierre Maes, spécialiste des droits sportifs, évoque deux interprétations possibles : la LFP peut chercher à profiter d’un intérêt des diffuseurs pour augmenter les recettes, ou réagir à des difficultés commerciales. Il mentionne notamment la hausse du prix des abonnements, un nombre d’abonnés qui plafonnerait et la progression du piratage. Il estime que l’avancement du calendrier de l’appel d’offres nourrit cette seconde lecture, sans établir que la vente est décidée.
Les recettes d’abonnement ne reviennent pas intégralement aux clubs : elles doivent notamment couvrir les coûts de production de la chaîne et la part de CVC, fonds d’investissement qui détient 13 % de LFP Media. Les sommes actuellement distribuées aux clubs au titre des droits sont évaluées à environ 140 millions d’euros.
Une échéance rapprochée et plusieurs incertitudes
La LFP souhaite que les nouveaux droits puissent s’appliquer dès la saison prochaine. Le calendrier est donc resserré, et l’instance doit régler le dossier avant la fin de l’année, selon les éléments rapportés par franceinfo.
La perspective d’une hausse de la TVA applicable aux chaînes payantes, de 10 % à 20 %, est également évoquée comme une évolution possible. Antoine Feuillet estime qu’elle pourrait réduire l’intérêt de certains diffuseurs, notamment celui de Canal+. Il s’agit toutefois d’une incertitude, et non d’une hausse présentée comme déjà entrée en vigueur.
La LFP dispose ainsi d’une solution de repli : poursuivre l’exploitation de Ligue 1+ si les propositions reçues ne lui conviennent pas. Mais le lancement anticipé de la consultation traduit, selon les experts cités, la recherche de recettes supplémentaires pour les clubs, alors que le modèle de la chaîne doit encore démontrer sa capacité à les financer.
Source : franceinfo – Les Titres (www.franceinfo.fr)
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