En Nouvelle-Calédonie, le désaccord apparu à l’été 2025 autour de l’accord de Bougival a empêché sa traduction dans la Constitution. Signé le 12 juillet 2025, le texte a été contesté par le FLNKS, puis le projet de réforme constitutionnelle qui devait le mettre en œuvre a été rejeté par l’Assemblée nationale le 2 avril 2026. Les élections provinciales ont finalement eu lieu le 28 juin 2026.

Un accord contesté dès son retour à Nouméa

L’accord de Bougival a été conclu à Bougival, dans les Yvelines, entre l’État et des délégations politiques calédoniennes. Il envisageait notamment la création d’un « État de la Nouvelle-Calédonie » inscrit dans la Constitution française. Il ne s’agissait toutefois pas d’un changement de statut déjà entré en vigueur : sa mise en œuvre supposait plusieurs étapes politiques et juridiques.
Dans l’article publié par franceinfo le 1er août 2025, le principal point de rupture était le rejet du texte par l’Union calédonienne, composante majeure du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS). La contestation portait notamment sur la place accordée au peuple kanak et sur le droit à l’autodétermination. Des responsables non indépendantistes défendaient au contraire le compromis et demandaient que les Calédoniens puissent se prononcer.
Le désaccord ne s’est pas limité aux déclarations rapportées à cette date. En août 2025, les instances du FLNKS ont rejeté l’accord, estimant que la délégation présente à Bougival n’avait pas mandat pour le signer. Les autres signataires ont poursuivi les discussions avec l’État.
Un texte complété, puis rejeté au Parlement
Le 19 janvier 2026, plusieurs partenaires politiques ont signé à Paris un accord complémentaire, dit Élysée-Oudinot, sans le FLNKS. L’objectif était de préciser certains éléments du compromis de Bougival. Mais le projet de loi constitutionnelle destiné à inscrire ces orientations dans la Constitution a ensuite été rejeté par l’Assemblée nationale, le 2 avril 2026, après l’adoption d’une motion de rejet préalable. Le dossier législatif de l’Assemblée nationale retrace cette procédure.
En conséquence, la création proposée d’un État de la Nouvelle-Calédonie n’a pas été adoptée par cette réforme. Les accords de Bougival et Élysée-Oudinot n’ont donc pas, à eux seuls, instauré le nouveau statut envisagé.
Les élections provinciales ont bien eu lieu
Les élections au Congrès et aux assemblées de province, plusieurs fois reportées, se sont tenues le 28 juin 2026. Cette échéance concerne les trois provinces de l’archipel — Sud, Nord et Îles Loyauté — et non la seule commune de Nouméa. Les résultats définitifs ont été publiés par les services de l’État en Nouvelle-Calédonie. Consulter les résultats officiels.
Pour les habitants, l’enjeu de fond demeure l’organisation politique de l’archipel et la définition du corps électoral, sujet au cœur des tensions depuis les violences de mai 2024. Le rejet du projet constitutionnel a stoppé cette voie de mise en œuvre, mais ne règle pas le désaccord entre indépendantistes, non-indépendantistes et État. Les prochaines évolutions dépendront de nouveaux compromis et des décisions législatives qui pourraient être prises.
Nouméa est le chef-lieu de la province Sud, en Nouvelle-Calédonie, collectivité française du Pacifique qui n’est ni un département ni une région métropolitaine.
Source : franceinfo- Statut de la Nouvelle-Calédonie
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