En Nouvelle-Calédonie, le rejet de l’accord de Bougival par le FLNKS, annoncé comme probable dans l’éditorial de franceinfo publié le 12 août 2025, s’est confirmé. Depuis, le projet de nouveau statut n’a pas abouti : les élections provinciales ont eu lieu le 28 juin 2026 et les institutions locales ont été renouvelées, tandis que l’avenir institutionnel de l’archipel reste à négocier.
Un rejet confirmé dès août 2025
Signé le 12 juillet 2025 à Bougival, dans les Yvelines, l’accord envisageait notamment la création d’un « État de la Nouvelle-Calédonie » au sein de la République française et une nationalité calédonienne liée à la nationalité française. Le texte ne répondait toutefois pas à la revendication centrale du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) concernant le droit à l’autodétermination.
Le 9 août 2025, réuni en congrès extraordinaire, le FLNKS a formellement rejeté le projet. L’éditorial de franceinfo publié trois jours plus tard présentait ce refus comme une issue encore attendue et alertait sur les risques d’un nouvel enlisement. Cette inquiétude s’inscrivait dans le contexte des violences de mai 2024, qui avaient fait 14 morts selon le bilan rapporté à l’époque par franceinfo.
Le projet n’a pas été inscrit dans la Constitution
Le dialogue s’est poursuivi entre l’État et plusieurs partenaires politiques. Un accord complémentaire, baptisé Élysée-Oudinot, a été signé le 19 janvier 2026 par les participants à ces discussions. Il ne signifie pas pour autant qu’un nouveau statut est entré en vigueur : le FLNKS contestait le processus et ne soutenait pas l’accord.
Le projet de loi constitutionnelle destiné à traduire ces accords a ensuite été rejeté à l’Assemblée nationale le 2 avril 2026. Le compte rendu des débats parlementaires fait apparaître le désaccord sur le contenu du projet, notamment sur la place accordée à l’autodétermination. Le compte rendu de l’Assemblée nationale permet de consulter les échanges.
Les élections provinciales ont bien eu lieu
Les élections au Congrès et aux assemblées de province se sont tenues le 28 juin 2026, après un nouveau report. Le scrutin a renouvelé les représentants des trois provinces — Sud, Nord et îles Loyauté — ainsi que ceux du Congrès. Les résultats définitifs ont été publiés par le haut-commissariat. Les résultats officiels des provinciales sont consultables en ligne.
Le Congrès a élu Virginie Ruffenach à sa présidence le 10 juillet. Le 31 juillet, les élus ont également désigné Milakulo Tukumuli à la tête du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Ces nominations installent les nouvelles équipes, mais ne règlent pas le différend sur le statut politique de l’archipel. Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a publié les informations sur l’installation du Congrès.
Ce qui reste en suspens
À la date de rédaction, le projet de Bougival n’a donc pas été adopté comme nouvelle organisation constitutionnelle. Le désaccord porte toujours sur la voie à suivre, notamment sur la place du droit à l’autodétermination et sur les conditions d’un accord politique accepté par les différentes forces calédoniennes. Pour les habitants, les élections ont renouvelé les institutions locales ; elles n’ont pas, à elles seules, tranché l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.
Source : franceinfo- Statut de la Nouvelle-Calédonie
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