Les attaques visant plusieurs pays du Golfe ravivent les doutes sur leur capacité à compter durablement sur la protection américaine. Dans une analyse publiée le 19 octobre 2026, leJDD plaide pour une coopération militaire renforcée entre les monarchies de la région, sans rompre les liens avec Washington ni fermer le dialogue avec Téhéran.

Riyad directement visée

Le 10 octobre, l’aéroport de Riyad a été frappé lors d’une attaque qui a fait 12 morts, dont un Américain, selon les informations rapportées à cette date. L’événement marque, dans l’analyse duJDD, une nouvelle étape dans l’exposition directe de l’Arabie saoudite aux tirs des Houthis. (lemonde.fr)
Le texte replace cette menace dans le contexte de la guerre au Yémen. Entre 2014 et 2021, une coalition menée par Riyad et Abou Dhabi avait tenté de vaincre les rebelles et de consolider le gouvernement yéménite reconnu. Après des années de conflit et un lourd bilan humain, l’Arabie saoudite s’est retirée d’une campagne qui n’avait pas atteint ses objectifs, tandis que les Houthis ont conservé le contrôle de Sanaa.
Selon l’estimation avancée dans l’analyse, les forces houthis compteraient aujourd’hui plus de 350 000 combattants et disposeraient notamment de missiles balistiques et de drones. Les Émirats arabes unis auraient appelé leurs partenaires du Golfe à renforcer la sécurité régionale par leurs propres moyens. Ces éléments alimentent la question centrale du texte : quelle protection collective les États de la région peuvent-ils mettre en place face à une menace qui dépasse les frontières nationales ?
Un partenariat américain remis en question
Depuis plusieurs décennies, les monarchies du Golfe ont associé leur sécurité et leur essor économique à leur partenariat avec Washington. Mais les frappes subies dans la région, les attaques contre des installations et le blocage du détroit d’Ormuz, tels que les décrit le texte, fragilisent ce modèle et soulèvent des interrogations sur la capacité des États-Unis à protéger pleinement leurs alliés.
La relation avec Washington reste essentielle pour les pays concernés, souligne l’analyse. L’enjeu serait plutôt de ne plus considérer cette protection comme acquise et de renforcer leurs propres moyens de défense. La vulnérabilité des infrastructures et des voies maritimes rappelle aussi que la stabilité économique de Riyad, Dubaï, Abou Dhabi et Doha dépend directement de la sécurité régionale.
Le CCG appelé à jouer un rôle plus opérationnel
Pour l’auteur, la réponse pourrait passer par une relance du Conseil de coopération du Golfe (CCG). L’organisation devrait, selon lui, dépasser ses fonctions diplomatiques et économiques pour devenir un cadre plus concret de sécurité collective. Il s’agirait de mieux coordonner les monarchies, après des années de divisions, face aux risques qui menacent l’ensemble de la région.
Le texte cite également Anwar Gargash, conseiller diplomatique du président des Émirats arabes unis, qui a appelé à revitaliser la coopération entre pays du Golfe, notamment dans le domaine de la défense. Il estime qu’une attaque contre l’Arabie saoudite met aussi en jeu la sécurité des Émirats et des autres monarchies.
Reste une difficulté majeure : bâtir une dissuasion commune tout en maintenant des canaux diplomatiques avec l’Iran. L’analyse défend une autonomie stratégique accrue, mais ne présente pas celle-ci comme une rupture avec les États-Unis. Elle pose plutôt la question des moyens d’éviter que la dépendance envers un partenaire extérieur ne laisse les pays du Golfe sans réponse commune en cas de nouvelle crise.
Source : Toute l'actualité du Journal du dimanche (www.lejdd.fr)
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Auteur : leJDD







