Le Polisario met en cause la méthode de l’envoyé de l’ONU
Dans un communiqué publié mardi 13 octobre, après des discussions à huis clos du Conseil de sécurité tenues début octobre, le représentant du Front Polisario auprès de l’ONU, Mohammed Sidi Omar, reproche à Staffan de Mistura de se rapprocher de la position marocaine. Selon lui, l’envoyé ferait de l’autonomie proposée par le Maroc la base des futures discussions.
Mohamed Ali Zerouali, représentant du Front Polisario en France, accuse de son côté l’envoyé personnel de l’ONU de franchir les limites de son rôle de médiateur. Il estime qu’aucun médiateur ne peut décider à l’avance de l’avenir du peuple concerné. Ces critiques expriment la position du mouvement sahraoui ; elles ne constituent pas un constat indépendant sur la conduite de la médiation.
Un avertissement, sans retrait des négociations
Le Polisario dit vouloir obtenir un changement de méthode, et non quitter le processus politique. Mohamed Ali Zerouali affirme que son mouvement reste engagé dans les discussions conduites sous l’égide des Nations unies et défend une solution diplomatique qu’il veut juste, pacifique et durable.
Le représentant du mouvement en France présente le communiqué comme un avertissement destiné à rétablir un climat de confiance, plutôt que comme une rupture de la coopération. Le désaccord porte donc, selon les déclarations rapportées, sur la conduite des discussions et la place accordée aux différentes options, pas sur le principe de négocier.
La politologue Khadija Mohsen-Finan voit dans cette prise de position une façon de peser sur les prochaines discussions et de remettre l’autodétermination au centre des débats. Elle y relève également un repositionnement de l’Algérie, sans que le communiqué du Polisario signifie pour autant un abandon du cadre onusien.
Le mandat de la Minurso en ligne de mire
Le vote sur la prolongation du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso) doit avoir lieu à la fin du mois, selon le calendrier évoqué dans les éléments rapportés. Le Front Polisario juge la mission indispensable, tout en estimant que sa raison d’être ne doit pas être vidée de son sens.
Pour Khadija Mohsen-Finan, la Minurso contribue à maintenir la question sahraouie à l’agenda international. La critique adressée à l’envoyé de l’ONU intervient ainsi alors que le mouvement affirme vouloir rester dans les négociations et que le renouvellement du mandat de la mission approche.
Source : RFI – Actualités, info, news en direct – Radio France Internationale (www.rfi.fr)
Article original : Consulter la source originale
Auteur : Sophiane Amazian




OFFRE SPÉCIALE · LIVRES ARTIA13