Deux nouvelles plaintes déposées
Lors d’une conférence de presse organisée le jeudi 15 octobre, Joëlle Dambo a expliqué vouloir faire poursuivre les auteurs des attaques. Selon son avocat, Me Vincent Brengarth, l’une des plaintes vise des faits de harcèlement public en ligne, de provocation à la haine et d’injure à raison de l’appartenance à une ethnie. Il souhaite que le Pôle national de lutte contre la haine en ligne mène des investigations pour identifier les internautes concernés.
Une première plainte avait été déposée le 9 juillet. Me Brengarth estime que les démarches n’ont pas, à ce stade, permis de mettre fin aux publications, dont une grande partie serait encore accessible en ligne. Il dit ne pas disposer d’informations sur d’éventuelles auditions ou mises en cause.
La seconde plainte déposée le 13 octobre vise le maire de Gomené pour dénonciation calomnieuse, selon l’avocat. Celui-ci met en cause les initiatives procédurales de l’élu et estime que son éventuelle participation au harcèlement doit être examinée. Il s’agit d’accusations formulées par la défense de Joëlle Dambo.
Des attaques en ligne et des incidents au village
Les messages racistes se sont multipliés après que la crêpière a été mise en lumière pour son travail. Elle avait remporté le prix de la galette d’or à la fin de 2025, puis le concours de l’émission de France 3 « Le Meilleur de la crêpe », en juin 2026. Son avocat observe que les attaques se sont intensifiées à mesure que ces distinctions étaient relayées.
Joëlle Dambo rapporte également des actes survenus à Gomené : des crêpes lui auraient été jetées au visage, des cris de singe auraient été poussés dans son établissement et des slogans racistes scandés devant la crêperie. Elle mentionne aussi une voisine noire dont les fenêtres auraient été visées par un jet de pierre.
La restauratrice reproche aux élus locaux de ne pas avoir pris la mesure des faits qu’elle dénonce. Le maire avait, de son côté, porté plainte contre elle ; cette plainte a été classée sans suite, selon les informations rapportées lors de la conférence de presse.
Une activité fragilisée, mais un soutien venu d’ailleurs
Joëlle Dambo estime que la situation a nui à son commerce. Après les récompenses obtenues, elle espérait développer une clientèle locale. Elle dit au contraire avoir vu des habitués se faire plus rares dans un climat qu’elle décrit comme délétère. Elle affirme que certains auteurs des attaques vivent dans les environs, tandis que des clients venus de plus loin continuent de se déplacer pour lui témoigner leur soutien.
Son avocat dénonce une banalisation des propos haineux et alerte sur le sentiment d’impunité que pourrait, selon lui, nourrir l’absence d’avancées visibles. Il dit aussi craindre une aggravation des actes racistes dans le contexte politique de l’élection présidentielle de 2027.
Joëlle Dambo refuse que les insultes lui dictent sa place dans la région. « Ce n’est pas à eux ni à la haine de décréter qui a le droit d’être Bretonne », affirme-t-elle. Elle présente sa démarche comme un moyen de faire entendre aussi la voix des personnes qui subissent des attaques racistes sans les dénoncer publiquement.
Source : 20Minutes – Une (www.20minutes.fr)
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Auteur : Thibaut Chevillard




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