Eau en outre-mer : Marine Le Pen critique le projet hydroélectrique de l’AFD en République dominicaine
Le contraste est saisissant et particulièrement choquant pour nos compatriotes des départements et territoires d’outre-mer qui subissent depuis des années une crise structurelle de l’eau. L’État macroniste a les moyens de participer à la modernisation des centrales hydroélectriques en République dominicaine, mais est toujours incapable de garantir l’accès à l’eau potable et à un système d’assainissement performant à ses propres citoyens. Cette hiérarchisation des priorités qui donne le sentiment que les urgences des DOM-TOM sont secondaires et ses habitants des citoyens de seconde zone est inacceptable
Marine Le Pen oppose un projet de modernisation hydroélectrique en République dominicaine aux difficultés d’accès à l’eau dans les outre-mer français. Le contraste politique est puissant. Mais les documents disponibles montrent, côté dominicain, un financement encore à l’étude, et non une somme retirée aux réseaux d’eau ultramarins. ()
Le fait principal
Dans une publication datée du 2 octobre 2026, Marine Le Pen reproche à l’État de participer à un projet énergétique dominicain alors que des habitants des outre-mer subissent des défaillances persistantes d’approvisionnement en eau et d’assainissement. Elle y voit le signe d’une priorité donnée à l’étranger. Cette hiérarchie des priorités est son interprétation politique ; les difficultés rencontrées dans plusieurs territoires sont, elles, documentées par la Cour des comptes. ()
Ce qui s’est passé
Le 15 septembre 2026, l’entreprise publique dominicaine EGEHID a annoncé une réunion avec l’Agence française de développement (AFD) pour examiner les études et les aspects techniques d’un projet de réhabilitation de centrales hydroélectriques. Le 24 septembre, EGEHID a fait état de visites de plusieurs installations par une mission de l’AFD, toujours dans le cadre de l’évaluation du financement. Le projet vise, selon l’entreprise dominicaine, une augmentation d’environ 120 mégawatts de la capacité de production. Il s’agit d’un objectif annoncé, pas d’un résultat acquis. ()
Les responsables de l’AFD cités par EGEHID disent vouloir concrétiser le financement au plus vite. Les communiqués consultés ne donnent toutefois ni montant arrêté pour ce projet ni preuve que les travaux ont commencé. Entre une mission technique et des centrales rénovées, il reste quelques étapes — et quelques signatures. ()
Le contexte
L’alerte sur l’eau outre-mer n’a rien d’imaginaire. Dans son rapport de mars 2025, la Cour des comptes décrit des services fragilisés par le sous-investissement, des difficultés de gouvernance et un manque de compétences techniques. Elle rappelle aussi que l’eau potable et l’assainissement relèvent des collectivités compétentes, avec un soutien de l’État : la responsabilité ne se résume donc ni à un seul ministère ni à un seul budget. ()
Il serait pourtant inexact de dire que l’AFD agit en République dominicaine plutôt que dans les outre-mer. L’agence indique y avoir financé 1,7 milliard d’euros de projets en 2025, tous secteurs confondus. De son côté, le ministère chargé des Outre-mer annonçait 730 millions d’euros prévus pour le plan Eau Mayotte sur la période 2025-2031. Des financements annoncés ne sont pas, pour autant, de l’eau effectivement disponible au robinet. ()
Les chiffres à retenir
- À Mayotte, 29 % de la population n’avait pas d’accès direct à l’eau potable, selon les données reprises par la Cour des comptes dans son rapport de mars 2025. Ce chiffre ne décrit pas à lui seul la situation d’octobre 2026. ()
- En Guadeloupe, le rendement du réseau exploité en régie par le SMGEAG était de 29,2 % en 2022, d’après le même rapport : un indicateur de l’ampleur des pertes sur ce périmètre, et non un taux applicable à toute la France ultramarine. ()
Ce que montrent les faits
Marine Le Pen pointe une tension réelle : malgré des plans et des crédits, l’accès à un service d’eau fiable reste défaillant pour une partie des habitants. La Cour des comptes relève elle-même que la mobilisation des financements du plan « Eau DOM » progresse lentement et inégalement, avec des difficultés à engager les crédits disponibles. ()
En revanche, les éléments consultés ne démontrent pas qu’un financement dominicain aurait été prélevé sur des moyens destinés à l’eau outre-mer. Ils ne permettent pas non plus de conclure qu’un prêt pour les centrales aurait déjà été signé. Le problème ultramarin n’a pas besoin d’un faux jeu de vases communicants pour être grave. ()
Ce qu’il faut retenir
La coopération énergétique avec la République dominicaine est en cours d’évaluation ; les défaillances de l’eau dans plusieurs outre-mer sont établies. Le véritable test pour l’État n’est pas de choisir une photographie de mission plutôt qu’une autre. C’est de transformer les financements annoncés en services qui fonctionnent. ()
Source : Marine Le Pen
