Dans le Jura, la sécheresse après les fortes chaleurs pèse sur les élevages de poulets de Bresse
Dans le Jura, les éleveurs de poulets de Bresse AOP dressent le bilan d’un été 2026 marqué par la chaleur et le manque d’eau. À Chapelle-Voland, Rachel Roussel-Voisard a réussi à protéger ses volailles des fortes températures, mais la sécheresse a fortement réduit sa récolte de maïs et fait craindre des coûts plus élevés en 2027.
La sécheresse, principale difficulté pour l’exploitation
Éleveuse depuis près de 25 ans, Rachel Roussel-Voisard gère une exploitation de 14 hectares où elle élève chaque année environ 4 500 poulets. Elle indique n’avoir enregistré aucune mortalité liée à la chaleur. Pour limiter l’exposition des animaux, elle a adapté les horaires de sortie et les a orientés vers des parcours ombragés, notamment sous les arbres. Ces mes ont toutefois demandé davantage de travail.
Les pertes sont venues d’un autre facteur : les prédateurs. Selon l’éleveuse, près de 200 volailles ont été prises cette année. Elle estime que les animaux, cherchant l’ombre en lisière de bois, étaient alors plus accessibles.
La récolte de maïs inquiète davantage encore la productrice, qui cultive une partie de l’alimentation de ses volailles. Elle la décrit comme la plus mauvaise de ses 25 années d’activité et prévoit de devoir acheter du maïs en 2027. Les tarifs qu’elle rapporte sont passés d’environ 181 euros la tonne à près de 300 euros : il s’agit des prix évoqués pour son approvisionnement, et non d’une cotation générale.
Un été exceptionnel à l’échelle nationale
Le bilan de Météo-France confirme le caractère hors norme de la saison en France : l’été météorologique 2026 a été le plus chaud depuis 1900 et le deuxième moins pluvieux depuis 1959, avec un déficit de précipitations proche de 40 % en moyenne. L’organisme fait état d’une sécheresse des sols historique à l’échelle nationale. Ces données donnent le contexte de l’épisode, sans mer à elles seules les pertes de cette exploitation jurassienne. Météo-France estime par ailleurs que l’été 2026 aurait été quasi impossible sans le changement climatique, tout en restant rare dans le climat actuel. Consulter le bilan climatique de Météo-France. (meteofrance.com)
Des prix de vente ajustés, l’avenir en question
Pour faire face à la hausse de ses charges, notamment celle du carburant, l’éleveuse dit avoir relevé ses prix de 5 à 6 %. Elle donne l’exemple d’un gros poulet vendu 32 euros, contre 30 euros auparavant, et redoute surtout les conséquences de la baisse du pouvoir d’achat sur les achats des clients à l’approche des fêtes.
Pierre-Emmanuel Foret, secrétaire général du Comité interprofessionnel des volailles de Bresse, met en avant la diversification des activités agricoles comme une piste pour amortir les mauvaises récoltes. Dans sa propre exploitation, il associe notamment volailles, élevage laitier, cultures et plantations de légumineuses. La coopérative Bresse Volaille accompagne également les producteurs de l’AOP.
Pour l’éleveuse, les difficultés de 2027 restent une crainte liée à la faiblesse de la récolte et au coût attendu des achats de maïs, pas une certitude. Le poulet de Bresse AOP concerne le Jura, l’Ain et la Saône-et-Loire.
Source : France 3 Régions – canicule et vagues de chaleur
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