Une bande dessinée raconte le destin en exil de l’orchestre féminin de Kaboul
Paru le 27 août 2026, La Symphonie de Kaboul : Zohra, l’orchestre féminin interdit raconte le parcours de musiciennes afghanes dont l’aventure artistique a été bouleversée par le retour des talibans au pouvoir. Scénarisé par Sarah El Younsi et dessiné par Léa Taillefert, ce roman graphique suit aussi la dispersion de l’orchestre et la poursuite de rêves musicaux en exil.
Zohra, un orchestre né au sein d’une école de musique
Zohra a été fondé en 2016 au sein de l’Institut national de musique d’Afghanistan, selon le Forum économique mondial, qui annonçait alors sa première tournée internationale. L’ensemble réunissait des élèves musiciennes de l’institut, sous la direction de la cheffe d’orchestre Negin Khpalwak. Sa présence sur scène portait une promesse concrète : permettre à de jeunes femmes de se former et de jouer dans un pays où leur accès à la musique restait entravé.
La bande dessinée revient sur cette histoire à hauteur de personnes. D’après la présentation de l’éditeur, elle suit notamment Sahar, Zarifa et Fazila, dont les trajectoires se séparent après la prise de pouvoir des talibans, en août 2021. L’enjeu n’est donc pas seulement de raconter la naissance d’un ensemble, mais de montrer ce que devient une pratique collective quand ses musiciennes sont contraintes de partir.
De Kaboul à l’exil : une histoire interrompue, pas effacée
Le retour des talibans a bouleversé l’existence de l’orchestre et contraint ses membres à fuir, indique Steinkis. Le livre fait ainsi le lien entre une histoire musicale et un événement politique récent, sans réduire les musiciennes à leur statut de victimes : elles apparaissent aussi comme des artistes qui tentent de poursuivre leur parcours malgré l’éloignement et la dispersion.
Cette perspective donne à la musique une double portée. Elle est un apprentissage et un travail d’ensemble, mais aussi une manière de faire entendre des femmes dans l’espace public. L’exil met cette expérience à l’épreuve : il sépare les membres et complique la continuité du collectif, sans nécessairement mettre fin à leur désir de jouer.
Le choix du roman graphique
Le format de la bande dessinée permet de faire tenir ensemble plusieurs échelles : l’histoire de Zohra, les parcours individuels et les bouleversements politiques. Sarah El Younsi signe le scénario, tandis que Léa Taillefert as le dessin et les couleurs. Le livre compte 128 pages et appartient à la collection « Témoins du monde » de Steinkis.
Publié cinq ans après la prise de Kaboul, l’album ne présente pas l’exil comme un simple épilogue. Il en fait le prolongement d’une histoire commencée avec la possibilité, pour ces jeunes femmes, d’étudier et de jouer ensemble. C’est là que réside sa portée culturelle : rappeler que la musique peut être à la fois une pratique artistique, un espace de liberté et une mémoire que l’on emporte avec soi.
Source principale : Culture & artistes : l'actualité culturelle & artistique – France 24 (www.france24.com)
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Auteur : Natacha VESNITCH
