Après dix jours de mobilisation, le gouvernement accepte de recevoir les organisations lycéennes
Ce nombre de lycées et d’universités mobilisés, c’est du jamais-vu depuis presque 40 ans. Que faut-il faire pour se faire entendre ? Il aura fallu 10 jours de mobilisation lycéenne pour que le gouvernement… accepte de recevoir les organisations lycéennes ! J’appelle à de la discipline dans l’action ! Il est absurde de mettre le feu à des poubelles ou à des cartons. Les images de flammes ne font que servir l’adversaire, qui les diffuse ensuite aux journaux télévisés !
Des centaines de lycées mobilisés, des universités gagnées par le mouvement, puis une rencontre avec le ministre de l’Éducation nationale : la contestation de la rentrée 2026 a pris une dimension nationale. Jean-Luc Mélenchon la compare aux grandes mobilisations étudiantes d’il y a près de quarante ans et appelle à éviter les incendies de poubelles. Reste à distinguer l’ampleur du mouvement, bien réelle, du record historique, beaucoup moins facile à établir.
Le fait principal
Dans une publication datée du 1er octobre 2026 transmise à Artia13, Jean-Luc Mélenchon affirme que le nombre de lycées et d’universités mobilisés serait inédit depuis près de quarante ans. Il reproche aussi au gouvernement d’avoir attendu une dizaine de jours avant de recevoir les organisations lycéennes. Enfin, il appelle à une mobilisation disciplinée, sans feux de poubelles ni de cartons, estimant que ces images détournent l’attention des revendications.
Ce qui s’est passé
Le 29 septembre, l’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante appellent conjointement à bloquer lycées et universités le 1er octobre. Elles annoncent également une journée de manifestation pour le 6 octobre. Le 1er octobre, l’Union étudiante revendique plus de 640 lycées et 30 universités bloqués en France. Ce sont des chiffres syndicaux, non un décompte indépendant de tous les établissements. ()
Le 2 octobre, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, reçoit des représentants lycéens. À la sortie, ceux-ci annoncent vouloir poursuivre la mobilisation, jugeant ne pas avoir obtenu de mes concrètes. La rencontre a donc bien eu lieu ; elle n’a pas clos le conflit. ()
Le contexte
Les organisations à l’origine de l’appel demandent davantage de moyens et de personnels, de meilleures conditions d’études et une remise en cause des dispositifs de sélection dans l’enseignement supérieur. Ce sont leurs revendications, pas des mes annoncées par le gouvernement. De son côté, l’exécutif traite aussi la situation sous l’angle de la sécurité : dès le 30 septembre, Édouard Geffray et le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, avaient prévu un point conjoint sur les mobilisations aux abords des établissements. ()
Les chiffres à retenir
- Plus de 640 lycées et 30 universités bloqués le 1er octobre, selon l’Union étudiante. « Bloqué » ne signifie pas nécessairement que tous les sites d’une université ont fermé. ()
- Près de quarante ans : la formule de Mélenchon renvoie à la mémoire des mobilisations lycéennes et étudiantes de 1986 contre le projet Devaquet. Les archives de l’Assemblée nationale attestent de ce mouvement. Elles ne suffisent pas, en revanche, à établir un classement comparable des établissements mobilisés en 1986 et en 2026. ()
Ce que montrent les faits
Deux récits se disputent l’attention : les revendications sur les conditions d’études et les violences survenues autour de certaines mobilisations. L’appel de Mélenchon à ne rien incendier est une prise de position claire. Son affirmation d’un niveau « jamais vu » depuis 1986 reste, elle, une comparaison politique, pas un record statistique démontré. Quant aux « dix jours » avant la réception des représentants, ils décrivent l’attente dénoncée par l’opposition ; la date vérifiable de la rencontre est le 2 octobre 2026. ()
Ce qu’il faut retenir
Le mouvement est étendu et le dialogue avec le ministre a commencé. Mais recevoir les lycéens n’équivaut pas à répondre à leurs demandes. Et une mobilisation spectaculaire n’a pas besoin d’un record historique non vérifié pour mériter un examen sérieux.
Source : publication de Jean-Luc Mélenchon datée du 1er octobre 2026, texte transmis à Artia13 ; communiqués de l’Union étudiante, ministère de l’Éducation nationale et archives de l’Assemblée nationale cités dans l’article.
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