Le RN nie les propos antisémites attribués à Bardella et dénonce une manipulation de Mediapart
Le Rassemblement national maintient son soutien à Jordan Bardella, auquel Mediapart attribue des propos antisémites datant de 2013. Le président du parti conteste leur authenticité et accuse le média d’avoir publié des éléments manipulables. Autour de lui, plusieurs responsables du RN dénoncent une opération destinée, selon eux, à fragiliser le mouvement.
Le RN conteste l’authenticité des messages
Depuis la publication de l’enquête, en début de semaine, Jordan Bardella rejette les propos qui lui sont attribués. Jeudi 1er octobre, après la présentation de nouveaux éléments par Mediapart, il a de nouveau qualifié les documents de « montages grossiers » et les captures d’écran d’« manipulables ». Il affirme n’avoir jamais tenu les propos rapportés.
Cette contestation est reprise par les parlementaires du RN. Le député et porte-parole du parti Laurent Jacobelli a assuré que Bardella n’avait pas tenu ces propos. Vendredi 2 octobre, il a aussi avancé l’hypothèse d’une usurpation d’identité, en mettant en doute que le président du RN soit bien la personne derrière le compte concerné. Sébastien Chenu a, de son côté, affirmé qu’aucun lien n’était établi entre les messages et un compte utilisé par Bardella.
Les responsables du parti attaquent la crédibilité de Mediapart
Une autre ligne de défense consiste à mettre en cause le travail du média. Laurent Jacobelli a qualifié l’enquête de travail militant plutôt que journalistique. Marine Le Pen a, elle, décrit Mediapart comme un média « militant, d’extrême gauche » et contesté son impartialité.
Pour appuyer ses critiques, elle a évoqué un écrit publié en 1972 par Edwy Plenel, cofondateur de Mediapart, au sujet de l’organisation palestinienne Septembre noir, responsable de l’assassinat de onze athlètes israéliens aux Jeux olympiques de Munich. La source rapporte que Plenel avait alors défendu cette organisation avant de revenir ensuite sur cette position. Jordan Bardella et d’autres élus du RN ont également cité cet épisode.
Des membres du parti ont aussi mis en avant les cinq condamnations de Mediapart, sur environ 350 procédures engagées contre le média, selon les chiffres évoqués. Mediapart répond que ces condamnations ne portent pas sur des enquêtes consacrées à un responsable politique ni sur des révélations, mais notamment sur des procédures liées à la publication tardive d’un droit de réponse.
Une « barbouzerie », selon Marine Le Pen
Mardi, Marine Le Pen a dénoncé une « barbouzerie » et assuré que le RN ne « se laisserait pas faire ». Jordan Bardella a présenté l’affaire comme une tentative de le déstabiliser politiquement. Selon lui, Mediapart aurait soit organisé la manipulation, soit été trompé par des personnes cherchant à peser sur la campagne présidentielle.
Le président du RN affirme également que l’opération aurait été préparée en prévision de sa candidature à l’élection présidentielle. Il a dénoncé les prémices d’une « guerre totale » contre son parti. Éric Ciotti, président de l’UDR, alliée au RN, a pour sa part relié le calendrier de ces révélations à la perspective d’une victoire de Marine Le Pen. Jean-Philippe Tanguy a avancé une autre explication, attribuant les éléments publiés à d’anciens membres du parti, qualifiés par lui de « racaille antisémite » purgée au début des années 2010.
Le député RN Guillaume Bigot a, lui, évoqué les services de renseignement israéliens pour mettre en doute la portée des informations publiées : il a demandé pourquoi Mediapart disposerait d’éléments que le Mossad n’aurait pas eus avant d’accueillir Jordan Bardella en Israël. Ces déclarations restent les arguments avancés par les responsables du RN pour contester l’enquête et les messages attribués à leur président.
Source : franceinfo- Politique (www.franceinfo.fr)
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