François Bayrou défend une primaire élargie face au risque d’un second tour RN-LFI
À l’université de rentrée du MoDem, organisée le vendredi 18 septembre à l’Isle-sur-la-Sorgue, François Bayrou a relancé son projet de primaire élargie pour la présidentielle de 2027. Le président du parti centriste souhaite réunir des forces allant de la gauche modérée à la droite républicaine, face au risque, qu’il juge grandissant, d’un second tour entre le Rassemblement national et La France insoumise. La proposition ne fait toutefois pas l’unanimité, y compris au sein du MoDem.
Bayrou veut dépasser les frontières des camps
François Bayrou défend depuis l’été l’organisation d’une primaire qu’il présente comme différente des consultations habituelles. Plutôt que de départager des candidats issus d’un même parti ou d’une seule famille politique, il veut faire émerger une candidature commune à un ensemble plus large, qu’il décrit comme le « grand courant central ».
Le périmètre envisagé irait de la gauche qui refuse une alliance avec Jean-Luc Mélenchon à la droite républicaine opposée à tout accord avec l’extrême droite. Pour Bayrou, l’enjeu est de constituer une « coalition des engagés » capable, selon lui, de remporter l’élection et de gouverner ensuite.
Le président du MoDem estime qu’aucun des trois grands blocs — gauche, droite ou centre — ne pourrait gouverner seul après la présidentielle et les législatives qui pourraient suivre. Il plaide donc pour une majorité plus large, qu’il juge nécessaire à la conduite du pays.
Cette initiative s’inscrit aussi dans son inquiétude face à un possible second tour opposant le RN à LFI. Bayrou considère que ce scénario devient plus probable, et juge que les candidatures déjà déclarées de Gabriel Attal, pour Renaissance, et d’Édouard Philippe, pour Horizons, ne disposent pas, à ses yeux, d’une légitimité et d’une dynamique suffisantes.
Cazeneuve soutient le rassemblement, pas nécessairement la primaire
Présent à la rencontre, l’ancien Premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve a approuvé l’objectif de rapprochement entre les forces politiques. Il a appelé à privilégier ce qui peut les unir plutôt que leurs désaccords, afin d’éviter ce qu’il décrit comme une confrontation entre les « dégagismes » du RN et de LFI.
Son soutien porte toutefois davantage sur la nécessité du rassemblement que sur le mécanisme proposé par Bayrou. Cazeneuve s’est montré prudent à l’égard des primaires, estimant que leur capacité à résoudre les difficultés politiques n’était pas démontrée dans sa famille politique. Il a néanmoins dit partager l’objectif de trouver un moyen de rassembler les forces concernées.
Une proposition qui divise aussi le MoDem
La primaire élargie ne suscite pas un accord unanime dans les rangs centristes. Selon le compte rendu de la rencontre, certains élus soutiennent l’idée de Bayrou, tandis que des adhérents du MoDem disent ne se reconnaître ni dans la candidature de Gabriel Attal ni dans celle d’Édouard Philippe.
À la date de publication de l’information, le 19 septembre 2026, la proposition restait donc un projet défendu par le président du MoDem, sans consensus établi sur ses modalités ni sur les candidatures susceptibles d’y prendre part.
Source : Jean-Luc Mélenchon : actualités, podcasts, vidéos et analyses – RFI (www.rfi.fr)
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Auteur : RFI
