Un risque augmenté de certaines maladies avec l'alimentation ultratransformée

Un risque accru de certaines maladies liées à l’alimentation ultratransformée

Des recherches menées par Sanam Shah et Anaïs Hasenböhler, sous la supervision de l’épidémiologiste Mathilde Touvier, directrice de recherche à l’Inserm, ont mis en évidence des liens entre la consommation d’additifs alimentaires et un risque accru de maladies. Cette étude a été réalisée au sein de la cohorte NutriNet-Santé, qui comprend plus de 100.000 participants.

Les résultats, publiés dans des revues scientifiques telles que Diabetes Care, European Journal of Epidemiology et European Heart Journal, visent à « éclairer les politiques publiques », selon un communiqué de l’Inserm.

Corrélations identifiées

Pour la première fois, des associations significatives ont été établies entre la consommation de colorants alimentaires et un risque accru de diabète de type 2 et de cancer. Les personnes ayant une forte consommation de colorants alimentaires présentent un risque supérieur de 38 % de développer un diabète de type 2, ainsi qu’une augmentation de 14 % du risque de cancer et de 21 % pour le cancer du sein, atteignant même 32 % chez les femmes post-ménopausées.

Impact des conservateurs

Les résultats montrent également que les plus forts consommateurs de conservateurs, notamment le sorbate de potassium (E202) et l’acide citrique (E330), ont un risque accru de 24 % d’hypertension et de 16 % de maladies cardiovasculaires par rapport à ceux qui en consomment moins.

Nécessité d’une action publique

Mathilde Touvier souligne que ces études, bien qu’elles ne prouvent pas à elles seules un lien de cause à effet, s’inscrivent dans un ensemble de données montrant la nocivité des aliments ultratransformés. Selon une analyse mondiale, sur 104 études examinant les effets des aliments ultratransformés sur la santé, 93 révèlent des impacts délétères de manière cohérente.

Ces résultats renforcent l’importance de limiter l’exposition aux additifs alimentaires non essentiels et de privilégier les aliments peu ou pas transformés, comme recommandé par le Programme national Nutrition santé. L’ONG Foodwatch appelle également à un « électrochoc politique » pour interdire des substances comme les nitrites et l’aspartame, reconnus comme potentiellement cancérigènes.

Ces études récentes soulignent l’urgence d’agir au niveau de la santé publique pour protéger la population des risques associés à l’alimentation ultratransformée.

Source : Inserm, Sciences et Avenir

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