Science ouverte : la France de Macron promet l’accès à tous, mais le RN reste dans l’ombre
Le fait principal
Le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace (MESRE) a annoncé aujourd’hui le lancement de sa Stratégie de science ouverte (SSO) pour la période 2026-2033, visant à rendre la recherche française plus transparente, collaborative et accessible.
Ce qui s’est passé
Cette nouvelle initiative, présentée lors du 4e Forum Blue Sky de l’OCDE, marque un tournant dans la politique scientifique française. Depuis 2018, la France s’est imposée comme un leader en matière de science ouverte, avec une augmentation significative des publications en accès ouvert, passant de 38 % à 61 % pour l’ensemble des publications, et de 40 % à 66 % pour les articles scientifiques. Ces chiffres témoignent d’un engagement fort, mais soulèvent également des questions sur la pérennité de ces avancées.
Le contexte
La SSO s’inscrit dans une dynamique de long terme, après deux plans nationaux, et vise à renforcer les pratiques de partage et de collaboration dans le domaine scientifique. Les enjeux sont nombreux : résistance au partage des données, hétérogénéité des pratiques disciplinaires et fragilité des infrastructures de recherche. Ces défis, bien que reconnus, ne semblent pas avoir dissuadé le gouvernement de poursuivre sa route. Au contraire, la France aspire à renforcer sa souveraineté scientifique et à promouvoir une recherche plus responsable et durable.
Les chiffres à retenir
- Taux de publication en accès ouvert : 61 % (contre 38 % en 2018)
- Taux d’articles scientifiques en accès ouvert : 66 % (contre 40 % en 2018)
- Taux de publications financées par l’Agence nationale de la recherche en accès ouvert : 86 % (contre 54 % en 2018)
- Gain de citations pour les articles français adoptant des pratiques de science ouverte : jusqu’à +19 %.
Ce que cela révèle
Si sur le papier tout semble en ordre, la réalité est bien plus nuancée. Les promesses d’une recherche ouverte et collaborative se heurtent à des pratiques encore largement inégales. La communication des résultats des essais cliniques, par exemple, n’est pas systématisée malgré son obligation légale. Cette incohérence entre l’ambition affichée et la réalité des pratiques soulève des interrogations : la France est-elle vraiment prête à jouer le rôle de leader en science ouverte, ou n’est-ce qu’une façade pour masquer des lacunes persistantes ? En somme, la SSO pourrait bien devenir le symbole d’un double discours, entre l’aspiration à l’ouverture et les résistances au changement qui gangrènent le système scientifique.
Ce qu’il faut retenir
La Stratégie de science ouverte 2026-2033 représente une avancée significative pour la recherche en France, mais elle doit être mise en pratique avec rigueur pour éviter les écueils d’un discours déconnecté des réalités. La route est encore longue, et les défis nombreux, mais cette initiative pourrait bien redéfinir le paysage scientifique français, à condition de ne pas se contenter de belles paroles.
Sources : Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, Baromètre français de la science ouverte.
