Gabon : Quand la nature devient l’ultime refuge face aux promesses creuses des dirigeants.
Le fait principal
Le Gabon, avec quatre-vingt-huit pour cent de son territoire recouvert de forêts tropicales, se positionne comme un modèle de préservation environnementale. Mais cette image de sanctuaire écologique est-elle vraiment fondée ?
Ce qui s’est passé
Depuis plus de vingt ans, le Gabon a mis en place une politique volontariste en matière de gestion durable de ses forêts. Sous l’impulsion d’Omar Bongo, le pays a créé des parcs naturels, interdit l’exportation de grumes et a introduit un système de bonus/malus pour encourager les entreprises à adopter des pratiques respectueuses de l’environnement. En 2021, l’État a même commencé à vendre des crédits carbone sur le marché international, affirmant pouvoir absorber jusqu’à cent quarante millions de tonnes de CO2 par an.
Le contexte
Depuis la colonisation en 1839, la forêt est au cœur de l’identité et de l’économie gabonaises. Le gouvernement jongle entre l’exploitation de cette ressource et la nécessité de la préserver. Toutefois, cette dualité soulève des questions : comment garantir la régénération des forêts tout en répondant aux pressions économiques et sociales ?
Les chiffres à retenir
– 88 % du territoire gabonais est couvert par la forêt tropicale.- Le secteur forestier est le premier employeur du pays.- Le Gabon peut absorber jusqu’à 140 millions de tonnes de carbone par an.
Ce que cela révèle
Derrière ces chiffres flatteurs se cache une réalité plus complexe. Les éléphants, souvent qualifiés de « jardiniers de la forêt », entrent en conflit avec les communautés locales, détruisant leurs cultures. Le gouvernement, tiraillé entre la préservation de l’environnement et la satisfaction des populations, semble plus préoccupé par sa réputation internationale que par les véritables enjeux sociaux. Une ironie qui rappelle que, malgré les belles promesses, la réalité sur le terrain est souvent bien différente.
Ce qu’il faut retenir
Le Gabon aspire à être un modèle de durabilité, mais les contradictions entre ses ambitions écologiques et les défis sociaux soulignent les limites de cette image. Entre promesses et réalités, le chemin vers une véritable gestion durable semble semé d’embûches.
Sources : France Culture, podcast « Des forêts et des hommes ».
