Les prud’hommes en ébullition : l’extrême droite face à ses promesses de plein emploi !
Le fait principal
Après des années de reflux, le nombre de salariés qui saisissent les prud’hommes, suite à un conflit avec leur employeur, augmente à nouveau. Ce rebond, amorcé en 2023, s’est encore confirmé l’an dernier.
Ce qui s’est passé
Les nouvelles affaires portées devant les conseils des prud’hommes ont progressé de 11 % en 2025, selon les statistiques du ministère de la Justice. Près de 132.000 salariés ont demandé à cette juridiction de trancher un litige avec leur employeur, en lien avec leur contrat de travail. Cette tendance à la hausse s’observe depuis trois ans, avec déjà 9 % d’augmentation en 2024 et 8 % l’année précédente. Une inflexion importante, car auparavant, le nombre de saisines refluait régulièrement, en partie à cause de la rupture conventionnelle, qui permet à un salarié en CDI et à son patron de se séparer d’un commun accord.
Le contexte
Le climat économique s’est dégradé, avec une augmentation des plans sociaux et des défaillances d’entreprises. Ce contexte tendu a sans doute encouragé les salariés à se tourner vers les prud’hommes. Le barème Macron, qui a plafonné les indemnités, n’a pas dissuadé les salariés d’aller en justice, malgré des délais de traitement longs. En effet, les contentieux liés aux atteintes aux libertés individuelles, au harcèlement moral, et même au télétravail sont en forte hausse.
Les chiffres à retenir
- Augmentation de 11 % des saisines en 2025.
- 132.000 salariés ont saisi les prud’hommes l’an dernier.
- 9 % d’augmentation en 2024, 8 % en 2023.
- 27 % des saisines concernent des litiges des cadres, contre 16 % en 2004.
- 110 apprentis ont saisi les prud’hommes en 2025, contre 73 en 2021.
Ce que cela révèle
Cette hausse du contentieux du travail met en lumière un malaise croissant au sein du monde du travail. Les salariés semblent de moins en moins enclins à accepter des ruptures conventionnelles qu’ils jugent forcées, et les plaintes pour harcèlement et atteintes aux libertés individuelles augmentent. Les promesses de dialogue social et de « flexibilité » des employeurs, souvent mises en avant par des partis comme le RN, se heurtent à la réalité des conflits de travail. Les déclarations de la droite sur la nécessité de « libérer le marché du travail » semblent aujourd’hui bien loin des préoccupations des salariés qui, face à une précarité grandissante, choisissent de se battre pour leurs droits. Le RN, qui prône une façade de protection des travailleurs, doit maintenant naviguer dans un océan de contradictions où les chiffres parlent d’eux-mêmes.
Ce qu’il faut retenir
La montée des saisines aux prud’hommes est un signal fort d’une lutte de classe qui reprend de l’ampleur. Dans un contexte économique difficile, les salariés semblent prêts à faire entendre leur voix. La question reste de savoir si les décideurs politiques, notamment ceux du RN, sauront répondre à cette montée des tensions sans sombrer dans l’hypocrisie.
Source : Franceinfo, ministère de la Justice
