Europe : Quand la réglementation des cosmétiques se plie aux caprices de l’extrême droite !
Le fait principal
Depuis juillet 2025, l’Union européenne envisage un assouplissement des réglementations sur les cosmétiques, un cadeau inespéré pour les industriels. L’objectif affiché ? Réduire les coûts administratifs et les obligations de déclaration, avec une économie estimée à 37,5 milliards d’euros d’ici 2030. Mais derrière cet argument économique se cache une menace pour la santé publique : les substances concernées sont les substances CMR, c’est-à-dire cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques.
Ce qui s’est passé
Trois institutions européennes – la Commission, le Conseil de l’UE et le Parlement européen – négocient actuellement une révision de ce cadre protecteur. Au programme : allongement des délais de transition pour reformuler les produits, facilitation de l’accès aux dérogations et réduction du périmètre d’interdiction. Ces modifications pourraient permettre à des substances dangereuses de rester sur le marché pendant des années supplémentaires.
Le contexte
Depuis plus de vingt ans, les substances CMR sont interdites dans les cosmétiques commercialisés dans l’UE. La réglementation actuelle exige que les entreprises reformulent leurs produits dans un délai de 18 mois après une nouvelle classification CMR. Pourtant, l’augmentation continue de l’incidence des cancers et la baisse de la fertilité masculine rendent ces assouplissements d’autant plus incompréhensibles. Au lieu de renforcer la réglementation, on assiste à un recul qui semble ignorer les enjeux sanitaires cruciaux.
Les chiffres à retenir
– L’économie estimée à 37,5 milliards d’euros d’ici 2030.- 153 colorants, 60 conservateurs et 34 filtres UV autorisés en Europe, avec seulement 7 ingrédients classés CMR depuis 2003.- Un marché européen des cosmétiques de 104 milliards d’euros en 2024.
Ce que cela révèle
Ces mes révèlent une contradiction flagrante : alors que l’on assiste à une montée des cancers et à une crise de la fertilité, les industriels réclament plus de temps pour reformuler leurs produits. Comme si des décennies de recherches scientifiques ne suffisaient pas à justifier une action rapide. Les arguments des entreprises sur l’impossibilité de trouver des alternatives sont tout aussi fragiles. Loin d’être une contrainte insurmontable, l’interdiction des substances CMR est parfaitement applicable dans la majorité des cas. Le véritable enjeu ici n’est pas la santé des consommateurs, mais bien la préservation des marges bénéficiaires d’une industrie du parfum prospère, qui cherche à éviter des coûts de reformulation.
Ce qu’il faut retenir
Les députés européens doivent comprendre que leur rôle est de protéger les citoyens, pas de céder aux pressions économiques des industriels. L’heure est à l’action : il est crucial de s’opposer à ce recul réglementaire sur les cosmétiques. La santé des Européens ne devrait pas être un simple chiffre dans un bilan comptable.
Sources : Générations Futures, Commission européenne, Institut National du Cancer.
