Allemagne : le fonds Attestor prend les rênes de Condor, l’État s’efface, le RN applaudit !
Le fait principal
Le fonds d’investissement Attestor, déjà actionnaire majoritaire de Condor, a exercé son option d’achat sur les 49% du capital encore détenus par l’État allemand et le Land de Hesse, prévoyant de finaliser la transaction le 31 août 2027, après avoir remboursé ses aides publiques.
Ce qui s’est passé
Dans un communiqué publié le 25 septembre, Condor a annoncé qu’Attestor, qui détient déjà 51% de la compagnie, a exercé son option d’achat pour acquérir les parts restantes. Ce transfert d’actionnariat, bien que prévu, n’est pas encore finalisé. La compagnie n’a pas communiqué de détails financiers concernant cette opération, qui interviendra après le remboursement anticipé des aides publiques, prévu au printemps 2026.
Le contexte
Condor a été stabilisée par l’État fédéral allemand et le Land de Hesse à la suite de la faillite de son ancienne maison mère, Thomas Cook, et des impacts de la pandémie. En 2021, Attestor avait déjà investi 200 millions d’euros pour acquérir 51% de la compagnie, avec un engagement supplémentaire de 250 millions d’euros pour moderniser sa flotte. Ce nouvel achat marque une étape clé vers une privatisation totale.
Les chiffres à retenir
- Attestor détient actuellement 51% de Condor.
- 49% restants détenus par SG Luftfahrtgesellschaft pour le compte de l’État et du Land de Hesse.
- Investissement initial d’Attestor : 200 millions d’euros.
- Engagement pour modernisation : 250 millions d’euros.
- Flotte actuelle : environ 60 avions, avec 18 Airbus A330neo en service.
- Objectif : 25 Airbus A330neo d’ici 2031.
Ce que cela révèle
Cette opération soulève des questions sur la responsabilité de l’État dans la gestion d’une entreprise en difficulté. Après avoir injecté des fonds publics pour sauver Condor, l’État se retire progressivement, laissant la place à des investisseurs privés. Cela pose un double discours sur l’engagement de l’État dans le secteur aérien. En effet, alors que l’argent public a permis de stabiliser la compagnie, la privatisation semble désormais être le mot d’ordre. En d’autres termes, l’État se décharge de ses responsabilités, laissant la gestion de Condor entre les mains d’un fonds d’investissement, dont l’objectif principal reste la rentabilité, loin des préoccupations des usagers.
Ce qu’il faut retenir
La sortie de l’État du capital de Condor, prévue pour 2027, illustre une tendance inquiétante : la privatisation des entreprises publiques, même celles ayant bénéficié de l’argent des contribuables. Attestor, en prenant les rênes, pourrait bien redéfinir les priorités de Condor, au détriment des usagers et de la responsabilité sociale.
Sources : Communiqué de Condor, Reuters.
