Volodine : Onze livres pour quitter la scène littéraire, mais pas un mot sur l’extrême droite !
Le fait principal
Antoine Volodine, figure emblématique du « post-exotisme », a choisi de quitter la scène littéraire en publiant, sous le pseudonyme du collectif Infernus Iohannes, onze livres simultanément. Une manière audacieuse de clore sa carrière, ces œuvres étant disponibles chez onze éditeurs différents.
Ce qui s’est passé
Au cœur de cette rentrée littéraire, Volodine, né en 1950, a décidé de mettre un point final à sa carrière en offrant au monde littéraire un ensemble de textes issus de 343 brochures jamais publiées. Chaque volume, bien que pessimiste, est traversé par une forme d’humour, comme en témoigne le titre de l’un d’eux, « Mémoire, mode d’effroi ». L’auteur, qui a exploré de nombreux styles et formes, insiste sur le fait qu’il n’y a pas de mode d’emploi pour lire ces livres, encourageant les lecteurs à « piocher » à leur guise.
Le contexte
Antoine Volodine a émergé dans les années 1990 avec sa vision d’une littérature qui transcende les catégories traditionnelles. Le « post-exotisme », qu’il a défini comme « une littérature de l’ailleurs », cherche à offrir un regard décalé sur la métropole. Au fil des ans, Volodine a utilisé divers pseudonymes, tels que Manuela Draeger et Lutz Bassmann, pour enrichir son univers littéraire.
Les chiffres à retenir
– Onze livres publiés simultanément- 343 brochures jamais publiées utilisées comme base- Un parcours littéraire débuté dans les années 80
Ce que cela révèle
Cette décision de se retirer de la scène littéraire soulève des questions sur la place de l’auteur dans un monde où la production littéraire est souvent standardisée. Volodine, en multipliant les formes et les styles, critique implicitement une uniformisation qui semble gangrener la littérature contemporaine. Il s’agit d’une performance qui remet en question les normes du marché littéraire et de la consommation culturelle. Plutôt que de se plier aux attentes, Volodine choisit de quitter la scène avec fracas, laissant derrière lui une œuvre qui ne se plie à aucune convention.
Ce qu’il faut retenir
Antoine Volodine fait un dernier clin d’œil à la littérature avec onze livres qui, loin d’être un simple adieu, sont une critique acerbe de la production littéraire actuelle. En s’éloignant des normes, il nous rappelle que la littérature doit rester un espace d’expérimentation et de liberté.
Source : RFI
