Grève au Muséum d’Histoire Naturelle : les agents dénoncent des « conditions de travail désastreuses » à Paris, où la culture a du mal à respirer.
Le fait principal
Une trentaine d’agents du Muséum national d’histoire naturelle de Paris se sont mobilisés ce mardi 22 septembre 2026 pour dénoncer des conditions de travail désastreuses, des bas salaires et la précarité qui gangrène l’institution.
Ce qui s’est passé
Alors que le Muséum célébrait son quadricentenaire avec l’exposition « Artistes au Muséum », les employés ont affiché leur mécontentement en se rassemblant devant l’établissement. Brian Padilla, co-secrétaire de la CGT du Muséum, a déclaré : « Nous gagnons jusqu’à 20 % de moins que nos homologues dans d’autres établissements publics. » Sur les 2 500 salariés, plus de la moitié sont contractuels, ce qui soulève des questions sur la pérennité des missions essentielles, comme la sauvegarde de la biodiversité.
Le contexte
La grogne des employés n’est pas nouvelle. Depuis début 2025, les grèves se sont multipliées dans le secteur, notamment celle des bibliothécaires. La canicule de l’été dernier a exacerbé les tensions, avec des températures atteignant 48 °C, rendant le quotidien des agents intenable. Un ingénieur a expliqué que « dans notre équipe, nous n’avons pas créé de poste fixe depuis plus de dix ans », illustrant ainsi le problème de précarité qui touche l’ensemble des travailleurs.
Les chiffres à retenir
- Plus de 50 % des 2 500 employés du Muséum sont contractuels.
- Les agents gagnent jusqu’à 20 % de moins que dans d’autres établissements publics.
- 75 % des bâtiments du Muséum sont jugés délabrés.
- Seulement 15 % des collections, environ 70 millions de spécimens, sont numérisées.
Ce que cela révèle
Cette situation illustre un paradoxe frappant : alors que le Muséum est le quatrième musée le plus fréquenté de France avec près de quatre millions de visiteurs par an, l’institution semble être en déclin. La direction appelle à l’État pour débloquer 500 millions d’euros nécessaires à sa survie, tout en continuant à chercher des financements privés. La question se pose : jusqu’où ira l’État pour sauver une institution emblématique, alors que les conditions de travail de ses employés sont au bord du gouffre ?
Ce qu’il faut retenir
La fête d’anniversaire du Muséum pourrait bien tourner au désastre si aucune solution n’est trouvée. Entre précarité, manque de moyens et bâtiments délabrés, l’avenir de cette vénérable institution semble incertain. À l’heure où l’on célèbre 400 ans d’existence, il serait peut-être temps de penser aux humains qui font vivre le musée, plutôt qu’aux seules pierres qui le composent.
Source : Télérama
