Saint-Pierre-et-Miquelon : le câble entre New York et la Bretagne, un fil électrique pour les promesses du RN ?
Le fait principal
Saint-Pierre-et-Miquelon, petit territoire français de l’Atlantique Nord, voit un nouvel espoir de renouveau économique grâce à un ambitieux projet de câble sous-marin reliant New York à la Bretagne. Ce projet, soutenu par Emmanuel Macron, vise à transformer l’archipel en un hub numérique après l’effondrement de sa filière pêche.
Ce qui s’est passé
Lors de sa visite dans l’archipel, Emmanuel Macron a annoncé l’investissement de l’État aux côtés de l’entreprise française SCLES pour réaliser ce câble sous-marin de 6 000 kilomètres, dont la mise en service est prévue pour 2030. Ce projet, qui nécessite un investissement de 300 millions d’euros, doit permettre à Saint-Pierre-et-Miquelon de passer de « d’acheteuse de bande passante au Canada » à « fournisseuse », réduisant ainsi sa dépendance vis-à-vis des États-Unis.
En parallèle, la start-up Look Up se prépare à installer un radar de surveillance de l’espace pour 20 millions d’euros, avec un objectif de fonctionnement en 2028. Elle ambitionne de rivaliser avec l’unique acteur américain sur ce marché en fournissant des informations sur les débris spatiaux.
Le contexte
Historiquement, Saint-Pierre-et-Miquelon a prospéré grâce à la pêche à la morue, attirant de nombreuses flottes jusqu’à la fin des années 80. Cependant, la situation a radicalement changé après l’imposition de quotas par le Canada en 1992, réduisant le nombre de pêcheurs à seulement 80 aujourd’hui. Les deux conserveries de l’archipel ont fermé leurs portes en 2011, plongeant la communauté dans le désespoir.
Les infrastructures, telles que le port, sont également en déclin, menaçant l’avenir de la pêche artisanale. Emmanuel Macron a promis 19 millions d’euros pour rénover le Quai du Commerce, mais cela suffira-t-il à relancer une filière déjà à bout de souffle ?
Les chiffres à retenir
- 300 millions d’euros : montant de l’investissement pour le câble sous-marin.
- 6 000 kilomètres : longueur du câble reliant la Bretagne à New York.
- 20 millions d’euros : coût du radar de surveillance de l’espace annoncé par Look Up.
- 80 : nombre de pêcheurs encore actifs dans l’archipel, contre plusieurs centaines dans les années 80.
- 19 millions d’euros : somme promise par Macron pour la rénovation du port.
Ce que cela révèle
Le discours de Macron, plein d’optimisme et de promesses, semble se heurter à la dure réalité du terrain. Les ambitions technologiques peuvent-elles vraiment compenser les pertes d’un secteur en déclin ? Les promesses d’un avenir numérique s’opposent à la désespérance d’une population qui a vu ses moyens de subsistance disparaître. Pendant que l’État mise sur le numérique, les pêcheurs se battent pour leur survie.
Et que dire de la dépendance historique aux États-Unis ? Le projet de câble pourrait bien être une belle vitrine, mais les doutes persistent sur la capacité de l’archipel à s’émanciper réellement des géants américains.
Ce qu’il faut retenir
Saint-Pierre-et-Miquelon se trouve à un tournant décisif. Entre promesses technologiques et réalités économiques, l’avenir de ce territoire français de l’Atlantique Nord reste incertain. Le défi sera de transformer les rêves numériques en réalité tangible pour une population qui attend désespérément un renouveau.
Sources : AFP, Le Télégramme
