Sport et féminisme : la France de Macron piétine les ambitions sportives des filles !
Le fait principal
Une fille sur deux abandonne le sport à la puberté. Ce constat alarmant met en lumière un phénomène qui soulève de nombreuses questions : et si le véritable problème ne résidait pas dans la motivation des jeunes filles, mais dans un système sportif qui les repousse ?
Ce qui s’est passé
À partir de 11 ans, les inégalités entre filles et garçons en matière d’activité physique deviennent criantes. Selon l’Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité (Onaps), seulement 20 % des filles de 11 à 14 ans atteignent les recommandations d’activité physique quotidienne, contre 34 % des garçons. À 15-17 ans, ce chiffre chute à 16 %. L’adolescence, avec ses bouleversements corporels et sociaux, agit comme un véritable test de résistance, souvent mal préparé par les structures sportives.
Le contexte
Le sport, traditionnellement perçu comme un vecteur d’émancipation, semble devenir un obstacle pour de nombreuses adolescentes. Les changements physiques, le regard des pairs et les exigences scolaires s’ajoutent à un cadre sportif figé. Les témoignages d’athlètes comme Caroline Jouisse, nageuse olympique, soulignent que les attentes concernant le début de la carrière sportive sont souvent irréalistes. Elle rappelle que la longévité dans le sport est tout aussi importante que le démarrage précoce.
Les chiffres à retenir
- 20 % des filles de 11 à 14 ans atteignent les recommandations d’activité physique quotidienne.
- 34 % des garçons atteignent ces mêmes recommandations.
- À 15-17 ans, seulement 16 % des filles continuent à pratiquer une activité physique régulière.
Ce que cela révèle
Les raisons de l’abandon sont multiples : manque de transports, horaires inadaptés, fatigue scolaire, ambiance des clubs, et surtout, une absence de modèles féminins forts. Magali Waldet-Brisseault, entraîneure d’athlétisme, souligne que les problèmes rencontrés ne sont pas uniquement liés au sexe, mais s’inscrivent dans un cadre structurel plus large. Les violences sexistes et sexuelles dans le milieu sportif restent également un tabou, poussant certaines sportives à quitter sans explication.
Ce qu’il faut retenir
Les solutions existent, mais nécessitent une adaptation plus qu’une révolution. Diversité des pratiques sportives à l’école, horaires compatibles dans les clubs, encadrement féminin visible et politiques publiques renforcées sont autant de pistes à explorer pour que les filles ne se sentent plus exclues du sport. Peut-être que la vraie victoire sera de les inciter à rester, non pas par obligation, mais par envie.
Source : Léa Borie, Women Sports N°41, juillet-août-septembre 2023.
