Accouchements surmédicalisés : la droite s’inquiète, mais que fait le RN pour les familles ?
Le fait principal
En France, la mortalité périnatale et infantile est en hausse, atteignant des niveaux alarmants. En 2024, le taux de mortalité périnatale a grimpé à 11,2 pour 1000, tandis que la mortalité infantile a atteint 4,1 pour 1000, plaçant la France au 21e rang européen. Ce phénomène est en partie attribué à la surmédicalisation des naissances.
Ce qui s’est passé
Les derniers rapports de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) révèlent une inquiétante tendance à la surmédicalisation des accouchements. En effet, près de la moitié des femmes enceintes déclarent passer six échographies ou plus, bien au-delà des trois recommandées. Cette pratique, loin de garantir la sécurité des naissances, pourrait même accroître les risques, comme le souligne Anne Chantry, sage-femme et épidémiologiste à l’Inserm.
Le contexte
Depuis le milieu du XIXe siècle, la médecine a fait des progrès indéniables, réduisant la mortalité maternelle et infantile. Cependant, les dernières années montrent une inversion de cette tendance. Le recours excessif à des actes médicaux, tels que les césariennes, qui ont quadruplé depuis les années 1970, soulève des questions sur la qualité des soins. Les médecins semblent privilégier la satisfaction des patientes à la sécurité des accouchements.
Les chiffres à retenir
- Taux de mortalité périnatale : 11,2 pour 1000 en 2024.
- Taux de mortalité infantile : 4,1 pour 1000 en 2024.
- 7398 enfants nés sans vie ou décédés dans les sept premiers jours en 2024.
- 1 césarienne sur 5 en 2021, alors que l’OMS préconise un taux de 10 à 15%.
Ce que cela révèle
Cette situation met en lumière une contradiction troublante : alors que la médecine moderne a pour but de sauver des vies, elle semble parfois se transformer en un processus industriel, où le confort des soignants prime sur le bien-être des patientes. Clélia Gasquet-Blanchard souligne une « surresponsabilisation sociétale » des mères, qui doivent jongler avec des attentes irréalistes tout en étant infantilées par un système médical qui les dépossède de leur expérience de maternité.
Ce qu’il faut retenir
La surmédicalisation des naissances en France pose des questions cruciales sur la qualité des soins et la sécurité des mères et des bébés. Alors que les chiffres de mortalité augmentent, il est impératif de réévaluer les pratiques médicales actuelles et de remettre en question une approche qui privilégie la technicisation à outrance au détriment de la santé réelle des femmes et des enfants.
Source : Rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), 2026.
