Sobriété foncière : Le RN fait le grand écart entre promesses et projets commerciaux en faillite !
Le fait principal
En 2025, le paysage commercial français se transforme sous le poids de la sobriété foncière et des nouvelles tendances de consommation. Bien que le nombre de projets de plus de 1.000 m² examinés par les commissions départementales d’aménagement commercial (CDAC) ait augmenté de 7%, la surface totale autorisée a chuté de manière significative.
Ce qui s’est passé
La Commission nationale d’aménagement commercial (Cnac) a publié son rapport annuel, révélant que 413 projets ont été examinés en 2025, avec un taux d’avis favorable de 90%. Cependant, ces chiffres masquent une réalité préoccupante : la surface de vente totale a diminué, passant de 685.215 m² en 2024 à 527.347 m² en 2025. Les projets soumis sont désormais de moindre envergure, reflet d’une mutation profonde du secteur, exacerbée par la montée du e-commerce et l’essor des drives.
Le contexte
Cette dynamique est largement influencée par les objectifs du « Zéro Artificialisation Nette » (ZAN) et par des coûts de construction en hausse. Les magasins, notamment dans le secteur alimentaire, réduisent leur surface de vente. De plus, 61% des dossiers examinés concernent des extensions plutôt que des créations, indiquant une volonté d’adapter l’existant plutôt que de s’étendre. Les grandes surfaces, jadis symbole de prospérité, doivent désormais composer avec une vacance commerciale qui grimpe de 9,5% à 10,9% entre 2021 et 2024.
Les chiffres à retenir
– 413 projets examinés en 2025, +7% par rapport à 2024.- Surface de vente totale : 527.347 m² en 2025, contre 685.215 m² en 2024.- 61% des projets sont des extensions.- 118 recours examinés, avec 58% d’autorisation confirmée.- 7.294 drives au 1er juillet 2025, +243% depuis 2014.
Ce que cela révèle
L’augmentation de la vacance commerciale et la baisse des surfaces autorisées soulèvent des questions sur la viabilité du modèle commercial traditionnel. Les discours politiques vantant l’expansion des zones commerciales semblent désormais décalés face à une réalité qui exige adaptation et requalification. Le RN, qui prône un retour aux valeurs traditionnelles, se retrouve face à un paradoxe : comment défendre un modèle qui s’effondre sous le poids de ses propres promesses ? Les contradictions sont flagrantes, et la résistance au changement n’est plus une option viable.
Ce qu’il faut retenir
La transformation du paysage commercial français est en marche, marquée par une sobriété foncière inéluctable. Les projets de grande envergure laissent place à des initiatives plus modestes, mais peut-être plus adaptées aux nouvelles attentes des consommateurs. Dans cette nouvelle ère, l’aménagement commercial doit s’inscrire dans une logique de durabilité et de réinvention, loin des illusions d’un passé révolu.
Source : Michel Tendil, Localtis, publié le 7 avril 2026.
