SpaceX reporte le lancement de sa fusée Starship
SpaceX a annoncé le report du lancement de sa fusée géante Starship, initialement prévu jeudi. Cette décision fait suite à une tentative marquée par plusieurs interruptions et reprises du compte à rebours. La société a indiqué qu’elle prévoyait de réessayer le décollage de sa fusée vendredi. Selon Dan Huot, porte-parole de SpaceX, les ingénieurs n’ont pas réussi à résoudre des problèmes de dernière minute à temps, sans fournir de détails supplémentaires sur la nature de ces obstacles.
Huot a déclaré lors d’une retransmission en direct : « Nouvelle fusée, nouvelle rampe de lancement : nous en apprenons beaucoup sur ces systèmes au fur et à me que nous les utilisons pour la première fois. Nous ne sommes tout simplement pas en me de résoudre tous ces problèmes dans les dernières secondes avant le lancement. Nous allons maintenant prendre le temps de comprendre ce qui nous a fait trébucher avant le lancement, puis nous lancer dans le vol demain. »
Modèle légèrement plus grand
Ce vol marque la 12e tentative de lancement de Starship, sept mois après le dernier essai. Le modèle actuel, mesurant 124 mètres, est légèrement plus grand que son prédécesseur. SpaceX espère démontrer les améliorations apportées à la fusée dans le cadre de son introduction en bourse. Contrairement aux précédentes missions, la société ne prévoit pas de récupérer le propulseur de la fusée, qui sera laissé à s’abîmer dans le golfe du Mexique. L’étage supérieur de Starship a pour mission de déployer 20 satellites factices ainsi que deux satellites Starlink équipés de caméras, chargés d’analyser l’efficacité du bouclier thermique. La mission test devrait durer environ 65 minutes et l’étage supérieur suivra une trajectoire suborbitale avant d’amerrir dans l’océan Indien.
Un moment crucial
Ce lancement intervient à un moment clé pour SpaceX, alors qu’Elon Musk prépare son entrée en bourse, prévue pour mi-juin. Une version modifiée de Starship doit également servir d’alunisseur pour la NASA, qui prévoit d’envoyer des astronautes sur la Lune en 2028, avant la Chine, qui ambitionne d’y envoyer des hommes d’ici 2030. Toutefois, des retards dans le secteur privé suscitent des inquiétudes quant à la capacité des États-Unis à atteindre cet objectif en premier.
Scott Hubbard, physicien et ancien directeur d’un centre de recherche de la NASA, souligne que les enjeux du lancement sont « énormes ». Il ajoute que « le gouvernement a pris la décision de s’allier avec des acteurs privés pour ramener des humains sur la Lune, et maintenant ces personnes doivent être à la hauteur ». Selon l’analyste Antoine Grenier, si le lancement se déroule sans encombre, cela pourrait ouvrir la voie à de nouvelles infrastructures et à de nouveaux contrats pour l’exploration lunaire.
Des astronautes sur la Lune en 2028
En parallèle, le concurrent de SpaceX, Blue Origin, détenu par Jeff Bezos, développe également un alunisseur. Les deux entreprises ont réorienté leur stratégie pour prioriser les missions lunaires. La NASA prévoit une mission en 2027 qui ne se rendra pas sur la Lune, suivie de l’envoi d’astronautes sur la surface lunaire en 2028 lors de la quatrième mission Artémis. Cependant, des experts expriment des doutes quant à la réalisation de ces objectifs dans les délais impartis, notamment en ce qui concerne la capacité à se ravitailler en propergol en orbite, une étape essentielle pour les missions de longue durée.
Source : AFP.
