À La Rochelle, les femmes de plus de 40 ans face au « plafond de verre » : le cinéma se réveille-t-il enfin ?
Le fait principal
À La Rochelle, un événement singulier a eu lieu : les « Cafés de la fiction », une initiative qui vise à briser le plafond de verre pour les comédiennes de plus de 40 ans. Dans un cadre de speed-dating professionnel, des actrices ont eu l’opportunité de se présenter à des directeurs de casting, espérant ainsi redynamiser leur carrière.
Ce qui s’est passé
Dans un hôtel du centre-ville, sept directrices et directeurs de casting ont écouté des comédiennes, toutes âgées de plus de 40 ans, partager leurs parcours et ambitions. Ce format innovant a été mis en place par le Festival de la fiction de La Rochelle, en collaboration avec l’Adami et l’ARDA. Les directeurs de casting, comme Adèle Esposito, soulignent l’importance de donner de la visibilité à ces actrices, souvent écartées des rôles principaux.
Le contexte
La représentation des femmes dans la fiction française est alarmante. Selon une étude de l’Adami, en 2024, les femmes ne représentaient que 40% des rôles, une baisse par rapport à 42% en 2022. À partir de 40 ans, la situation se détériore encore : 53% des rôles féminins sont tenus par des femmes de moins de 40 ans, tandis que 60% des rôles masculins sont attribués à des hommes de plus de 40 ans. Les chiffres révèlent un déséquilibre frappant qui se traduit par une invisibilité croissante des actrices plus âgées.
Les chiffres à retenir
– 40% des rôles sont attribués à des femmes, contre 60% pour les hommes.- 53% des rôles féminins sont tenus par des actrices de moins de 40 ans.- La part des rôles féminins chute de 17 points après 40 ans (de 40% à 23%).
Ce que cela révèle
Ces chiffres ne sont pas que des statistiques ; ils illustrent une réalité déconcertante où les femmes semblent disparaître des écrans dès qu’elles franchissent le cap de la quarantaine. Rosa Cadima, actrice, évoque le « tunnel de la femme de 50 ans », un phénomène qui commence bien plus tôt. Comment se fait-il qu’une actrice de 50 ans soit souvent cantonnée au rôle de « la mère » ou « la grand-mère », alors que des hommes de 50 ans peuvent encore jouer des rôles de séducteurs ? Le double discours du cinéma français, qui prône la diversité tout en fermant les yeux sur cette réalité, est particulièrement ironique.
Ce qu’il faut retenir
Les « Cafés de la fiction » à La Rochelle ne sont qu’une première étape pour corriger le tir. Les comédiennes prennent les choses en main, certaines écrivant leurs propres rôles. Mais tant que les scénarios ne reflètent pas la diversité des expériences féminines, la lutte pour une représentation équitable dans la fiction française continuera d’être un défi. La question demeure : quand les femmes de plus de 40 ans seront-elles enfin vues et entendues à l’écran ?
Sources : Franceinfo Culture, Adami, ARDA
