La Fed augmente ses taux malgré les pressions politiques, une nouvelle hausse anticipée.
La Fed relève ses taux malgré les pressions de Donald Trump
La Réserve fédérale des États-Unis a annoncé mercredi une hausse unanime de ses taux d’intérêt, une décision visant à maîtriser l’inflation. Ce relèvement, qui intervient pour la première fois depuis l’été 2023, augmente les taux directeurs de 25 points de base, les portant dans une fourchette de 3,75 % à 4 %. Cette me était anticipée par les marchés financiers, mais a suscité des critiques de la part de l’ancien président Donald Trump, qui a appelé à une baisse rapide des taux à « 1 % ou moins » sur sa plateforme Truth Social.
Trump a qualifié le conseil de la Fed d’« hostile », l’accusant d’agir pour des « raisons politiques » et de chercher à lui nuire. Il a cependant évité de critiquer directement Kevin Warsh, le président actuel de la Fed, qu’il a nommé plus tôt cette année, après avoir auparavant attaqué Jerome Powell, son prédécesseur.
Kevin Warsh a justifié la hausse des taux en déclarant que l’inflation est « trop élevée, depuis trop longtemps ». La Fed vise un taux d’inflation de 2 %, un objectif qui n’a pas été atteint depuis plus de cinq ans. En juillet, l’indice PCE, référence pour l’inflation, a montré une augmentation de 3,7 % sur un an, avec une hausse significative des prix de l’essence.
Les prévisions économiques de la Fed suggèrent qu’une nouvelle hausse des taux pourrait être nécessaire d’ici la fin de l’année. Selon des projections anonymisées, les taux directeurs pourraient atteindre entre 4 % et 4,25 % d’ici fin 2026, ce qui représente une augmentation par rapport à la décision prise mercredi. Deux réunions de la Fed sont prévues avant la fin de l’année, fin octobre et début décembre, mais les taux ne devraient pas diminuer avant 2028, selon ces mêmes projections.
Les marchés financiers ont réagi à cette annonce en enregistrant une baisse, signalant que les investisseurs préfèrent une politique monétaire plus accommodante. Le relèvement des taux d’intérêt vise à refroidir l’économie en rendant l’emprunt plus coûteux, ce qui est censé réduire la demande pour certains biens et services. Cependant, cela ne résoudra pas les tensions liées à la crise énergétique actuelle dans le Golfe, exacerbée par les conflits au Moyen-Orient.
Le pouvoir d’achat des Américains, en déclin, est au cœur des discussions à l’approche des élections de mi-mandat prévues en novembre. Des conseillers économiques du président ont exprimé des inquiétudes quant à la nécessité de préserver l’indépendance de la Fed avant ces élections. Kevin Warsh a insisté sur le fait que la Fed doit rester concentrée sur sa politique monétaire, sans se laisser influencer par des considérations politiques.
Cette décision de la Fed est perçue comme une affirmation de son indépendance face aux pressions externes, comme l’a souligné l’économiste Diane Swonk, qui a qualifié le vote unanime de mercredi de « démonstration importante d’indépendance de la Fed ».
Source : Le Temps
