Le Cerema et la Ville de Thiers collaborent pour promouvoir les modes actifs en zone centrale.
Le Cerema accompagne la Ville de Thiers pour développer les modes actifs dans un secteur central contraint
Dans le cadre du programme Action Cœur de Ville 2 (ACV2), au titre du volet « mobilités décarbonées », la Ville de Thiers a sollicité le Cerema pour accompagner ses réflexions sur la place Antonin Chastel et ses abords. L’objectif : favoriser un développement plus sécurisé et plus lisible des modes actifs dans un secteur central en transformation, tout en tenant compte des contraintes fortes liées à la RD2089, route à grande circulation et itinéraire de transports exceptionnel traversant le centre historique.
Place Antonin Chastel : conforter une centralité traversée par la RD2089
À Thiers, la place Antonin Chastel et ses abords constituent une centralité stratégique du centre-ville. Situé en plein centre historique, on y trouve des commerces, des restaurants, des services, une médiathèque et une école primaire, des arrêts de transport collectif, ainsi que des accès à des parkings. Le secteur est également favorable à la flânerie et à la déambulation, grâce à la qualité du site, aux vues qu’il offre et au patrimoine de la ville.
Cette centralité est en cours de transformation. Une opération de renouvellement urbain de requalification de bâtiments et d’espaces publics voisins, notamment l’ancien bâtiment Défi Mode, doit contribuer à renforcer les usages piétons et la qualité du cadre de vie. Ces évolutions sont susceptibles de générer de nouveaux flux, en particulier piétons, dans un secteur où les conditions de traversée et la lisibilité des cheminements constituent déjà un enjeu.
La place Antonin Chastel est traversée par la RD2089, une voirie départementale qui as des fonctions routières importantes, notamment la desserte locale, la circulation de transit et le passage de véhicules de grands gabarits et de transports exceptionnels autorisés. Cette route à grande circulation présente des emprises contraintes et des marges de manœuvre géométriques limitées.
L’enjeu posé est donc double : comment accompagner la transformation d’un secteur central et favoriser les mobilités actives et le cadre de vie, tout en préservant les fonctions d’un axe routier structurant dans des rues étroites de centre-ville ?
Apaiser la RD2089 pour développer les modes actifs
La Ville de Thiers a engagé une réflexion sur l’apaisement, le partage de l’espace public et la sécurisation des déplacements à pied et à vélo autour de la place Antonin Chastel. Avec l’intercommunalité Thiers Dore et Montagne et le Syndicat mixte des transports urbains du bassin thiernois (SMTUT), la ville a été accompagnée par le Cerema pour objectiver le fonctionnement du secteur, discuter des contraintes exprimées par les partenaires, puis faire émerger des principes d’aménagement réalistes.
L’apaisement constitue un préalable à un meilleur partage de l’espace public, garantissant la sécurité des piétons et des cyclistes, tout en renforçant la qualité urbaine et en améliorant le cadre de vie du centre-ville.
Objectiver le fonctionnement du site et co-construire les solutions
L’accompagnement du Cerema s’est réalisé en deux étapes. La première a consisté à produire un état des lieux partagé du fonctionnement du secteur. Le Cerema a analysé les usages, les contraintes d’exploitation et les enjeux de partage de l’espace public par des observations in situ. Des entretiens avec divers acteurs, tels que la Police Municipale et la Direction départementale de protection des personnes, ont permis de recueillir les attentes et les marges de manœuvre identifiées.
Cette phase a mis en évidence plusieurs enjeux : un ressenti d’insécurité pour certains piétons, un manque de lisibilité de certaines traversées, et des besoins d’arrêt-minute ou de livraisons ponctuelles. Il a également été constaté que les réponses ne pouvaient pas être uniquement techniques, mais devaient prendre en compte les contraintes d’exploitation de la RD2089.
Un atelier multi-acteurs pour dépasser l’opposition entre apaisement et contraintes routières
La seconde étape a pris la forme d’un atelier multi-acteurs organisé le 10 mars 2026. Cet atelier a réuni les différentes parties prenantes pour mettre sur la table l’ensemble des contraintes et des objectifs, et construire collectivement des pistes de solutions réalistes.
Les participants ont retravaillé les objectifs du périmètre en insistant sur la nécessité de mieux rendre lisibles les usages de la place, tels que les exigences de circulation, l’accès aux commerces et services, et les transports collectifs. Les contraintes ont été partagées, qu’elles relèvent de règles opposables ou de contraintes pratiques.
Cette clarification a permis de dépasser une opposition trop simple entre « apaiser » et « maintenir la circulation », en identifiant les conditions permettant de mieux sécuriser les modes actifs tout en préservant les fonctions de l’axe.
Un scénario socle pour sécuriser les prochaines étapes
À l’issue de l’atelier, un scénario de principe a émergé, regroupant plusieurs mes discutées collectivement : mise en zone 30 du périmètre étudié, amélioration de la lisibilité des traversées piétonnes, création de traversées surélevées, et clarification des espaces d’arrêt-minute.
Le Cerema a formalisé ces propositions sous forme de schéma de principes et de recommandations pour la poursuite du projet. L’enjeu était de créer un cadre partagé pour approfondir le projet avant d’engager une phase opérationnelle.
Cette démarche illustre l’intérêt d’une approche progressive et collaborative des projets de mobilités actives en centre-ville, où la mise en dialogue des acteurs est essentielle pour faire émerger des solutions réalistes et partagées.
Source : Cerema
