Mis en examen jeudi 29 octobre à Paris, Kévin T., 39 ans, a été placé en détention provisoire dans l’enquête sur l’attaque qui a fait un mort et sept blessés à Trappes et La Verrière, dans les Yvelines. Le parquet national antiterroriste (Pnat) retient notamment des faits d’assassinat et de tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste, avec une circonstance aggravante raciste. Selon le procureur, le suspect a reconnu avoir visé des personnes qu’il percevait comme musulmanes ou d’origine africaine ou nord-africaine, tout en contestant toute intention terroriste.

Une mise en examen suivie d’un placement en détention

À l’issue de sa comparution devant un juge des libertés et de la détention au tribunal de Paris, Kévin T. a été écroué, conformément aux réquisitions du Pnat. Il est poursuivi pour « assassinat » et « tentatives d’assassinats » en lien avec une entreprise terroriste, les faits étant également visés comme ayant été commis en raison de l’appartenance réelle ou supposée des victimes à une race, une ethnie, une nation ou une religion.
Ses avocats, Mes Baptiste Bellet et Eliott Amzallag, ont indiqué que l’instruction serait longue au regard de la gravité des faits. Ils ont ajouté que leur client entendrait répondre aux questions qui lui seraient posées au cours de la procédure.
La mise en examen marque l’ouverture d’une information judiciaire. Elle ne constitue pas une déclaration de culpabilité : les faits reprochés devront être examinés au cours de l’instruction.
Le mobile raciste reconnu, l’intention terroriste contestée
Lors d’une conférence de presse jeudi, le procureur national antiterroriste, Olivier Christen, a rapporté que le suspect avait reconnu avoir spécifiquement ciblé des personnes qu’il estimait « de type musulman ou africain ou nord-africain ». Kévin T. aurait également expliqué avoir choisi Trappes parce qu’il la considérait comme un « repaire d’islamistes ».
Le suspect conteste toutefois avoir voulu commettre un acte terroriste. Selon le procureur, il a présenté son action comme légitime. Ces déclarations sont rapportées par le Pnat dans le cadre de l’enquête.
Des armes et des autocollants retrouvés à son domicile
La perquisition menée à son domicile de Plaisir a permis de découvrir des armes ou des éléments d’armes, notamment un chargeur, deux poings américains, une baïonnette en acier et un silencieux. Le logement était piégé, selon les éléments présentés par le procureur.
Les enquêteurs ont également retrouvé un exemplaire de Mein Kampf, un Coran et une Bible, ainsi que plusieurs séries d’autocollants. Trente portaient la mention « Vive la France, RN, fier d’être français », 99 affichaient « 100 % français/vive la France » et 98 « Soutien aux forces de l’ordre ». Kévin T. a déclaré les avoir dessinés lui-même et en avoir commandé la fabrication plus d’un an auparavant.
Olivier Christen a aussi fait état d’une préparation importante de l’attaque. Selon lui, le suspect avait acquis en septembre des éléments destinés à renforcer l’efficacité d’un pistolet-mitrailleur de type Sten, ainsi qu’un brassard de police et des menottes.
Un mort et sept blessés à Trappes et La Verrière
L’attaque s’est déroulée le vendredi 23 octobre. À bord de sa voiture, le suspect a tué Pengo Bossio Wangi, un Français de 26 ans originaire de la République démocratique du Congo, et blessé sept autres personnes à Trappes et La Verrière, dont plusieurs d’origine africaine ou maghrébine.
Le dossier porte aussi sur le parcours du suspect avant les faits. Le 20 octobre, il avait été interpellé à Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine, après avoir frappé un automobiliste dans une station-service, selon le parquet de Nanterre. Il avait ensuite été entendu en audition libre pour violences volontaires.
Kévin T. avait déjà été condamné à quatre reprises, la dernière fois en 2012. Il a évoqué des difficultés psychologiques et une consommation importante de stupéfiants dès l’âge de 13 ans. Les analyses ont révélé la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang, ainsi que de molécules compatibles avec la prise de médicaments antipsychotiques et antidépresseurs. D’après le procureur, le diagnostic de schizophrénie évoqué par le suspect relevait davantage de sa propre interprétation que d’une conclusion médicale.
Source : TF1 INFO – L'info pour tous et pour chacun (www.tf1info.fr)
Article original : Consulter la source originale







