À l’ouverture de la dernière journée de la COP17 sur la biodiversité, vendredi 30 octobre à Erevan, près de 200 pays restent sans accord sur plusieurs dossiers majeurs. Le financement de la protection de la nature, les subventions aux activités qui lui nuisent et la contribution des entreprises figurent parmi les principaux points de blocage. Le bilan mondial des progrès vers les objectifs de 2030 reste lui aussi en suspens.

Des désaccords sur les moyens d’agir

Réunis en Arménie depuis près de deux semaines, les négociateurs doivent tenter de rapprocher leurs positions avant la clôture du sommet. Aucun terrain d’entente ne se dessinait encore sur la réduction des subventions défavorables à la biodiversité, sur les nouvelles ressources à mobiliser pour la conservation ou sur une hausse des versements des entreprises à un fonds des Nations unies jugé insuffisamment doté.
Irène Wabiwa, de Greenpeace International, a estimé jeudi que les discussions n’avaient pas encore débouché sur des priorités concrètes. À la veille de la fin prévue du sommet, Astrid Schomaker, secrétaire exécutive de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique, a appelé les pays à faire preuve d’audace et à persévérer afin de parvenir à un compromis sur les sujets encore ouverts.
Le financement est un enjeu central des négociations, alors que les finances publiques sont sous pression. L’Union européenne défend notamment une contribution accrue des économies émergentes les plus riches, dont la Chine. Selon la France, Pékin s’est montré un peu plus constructif que d’autres États, mais les échanges sur cette question ont peu progressé.
Un bilan attendu pour mesurer les progrès
La COP17 doit aussi examiner un bilan mondial de la mise en œuvre de l’accord de Kunming-Montréal, adopté en 2022. Son adoption avant la fin du sommet semblait encore incertaine malgré un optimisme initial. Ce bilan doit évaluer les avancées et aider les États à accélérer leurs efforts grâce à des propositions concrètes.
L’accord fixe 23 objectifs à atteindre d’ici à 2030. Ils comprennent notamment la protection de 30 % des terres et des océans, la lutte contre la pollution et les espèces envahissantes, ainsi que la restauration des écosystèmes dégradés. Avant la conférence, une évaluation des Nations unies avait jugé les progrès accomplis insuffisants pour atteindre les objectifs de la décennie.
Catherine Weller, de l’association Fauna & Flora, a appelé les pays à ne pas laisser passer l’occasion d’agir, alors que la biodiversité continue, selon elle, d’être mise à mal. Le bilan est donc attendu comme un outil pour faire le point sur les engagements et identifier les mesures susceptibles de remettre les États sur la bonne voie.
Le Fonds Cali et le prochain sommet
Les discussions portent également sur le Fonds Cali, mécanisme de l’ONU destiné à partager les bénéfices tirés de l’utilisation commerciale de données génétiques issues de plantes et d’autres organismes. Sa mise en œuvre reste difficile. Lors de la COP16, organisée en Colombie en 2024, les négociations sur le financement de la conservation n’avaient pas abouti ; elles avaient repris à Rome au début de 2025, où un accord avait finalement été conclu.
Les participants doivent enfin désigner le pays hôte de la prochaine conférence sur la biodiversité, prévue en 2028. Le Panama et l’Équateur sont en lice. Au moment où s’ouvre cette dernière journée, les principaux textes restent donc à négocier et plusieurs décisions attendues dépendent encore d’un compromis entre les pays.
Source : TF1 INFO – L'info pour tous et pour chacun (www.tf1info.fr)
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