L’affirmation vérifiée
Dans un article publié le 8 octobre 2026 à 12 h 19, Libération rapporte que la préfecture du Nord a ouvert une enquête administrative après la diffusion de vidéos montrant un 4 × 4 de police foncer vers des lycéens à Dunkerque, le lundi 5 octobre. Son titre reprend également les mots « On va leur mettre dans la gueule ». La vérification porte sur la scène filmée, l’ouverture de l’enquête et ce qu’il est possible d’établir au sujet de cette phrase — non sur une intention prêtée aux personnes présentes. (leparisien.fr)
Ce que montrent les faits
Plusieurs vidéos de la scène ont circulé sous des angles différents. Le Monde indique les avoir authentifiées et situe les faits le 5 octobre 2026, dans le centre de Dunkerque, à proximité de lycées concernés par des blocages. Elles montrent un véhicule de la police nationale avançant rapidement en direction de personnes à pied. Le Parisien décrit des jeunes qui s’écartent et un obstacle heurté par le véhicule. Ces constats étayent l’emploi courant du verbe « foncer » pour décrire sa trajectoire ; ils ne prouvent ni qu’une personne a été percutée, ni que le conducteur cherchait à en percuter une. (lemonde.fr)
La préfecture du Nord a confirmé au Parisien, le 7 octobre, avoir diligenté une enquête administrative. Elle a précisé que cette intervention ne correspondait pas aux doctrines d’emploi et aux orientations habituellement données par les autorités. Une enquête sert à établir les circonstances et les responsabilités éventuelles : son ouverture n’est pas, à elle seule, une conclusion disciplinaire ou pénale. (leparisien.fr)
La vérification
La chronologie permet de distinguer deux procédures. Le 7 octobre, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a été auditionné par la commission des lois de l’Assemblée nationale, dont la séance est accessible sur le portail vidéo de l’institution. Le même jour, la préfecture confirmait l’enquête administrative. Puis, le 8 octobre, après l’heure de publication indiquée pour l’article de Libération, Le Monde a rapporté une annonce du parquet de Dunkerque : l’ouverture d’une enquête préliminaire pour mise en danger d’autrui. Il s’agit d’une enquête judiciaire distincte, et non d’un résultat de l’enquête administrative. (videos.assemblee-nationale.fr)
Reste la phrase du titre. Le Parisien signale qu’une autre séquence laisse entendre « allez, approchez, on va leur mettre dans la gueule là », tout en jugeant impossible d’affirmer avec certitude qu’elle provient d’un policier. Nous n’avons pas pu examiner directement l’enregistrement original ni identifier son auteur. Présenter ces mots comme une déclaration établie d’un agent précis irait donc au-delà des éléments vérifiés. (leparisien.fr)
Les sources et les données
Cette vérification croise la confirmation de la préfecture rapportée par Le Parisien, l’archive officielle de l’audition parlementaire du 7 octobre et l’annonce du parquet recueillie par Le Monde le 8 octobre. L’article de Libération fourni comme point de départ n’a pas pu être consulté directement lors de cette vérification ; sa date et son heure de publication sont celles indiquées dans les informations de départ. Aucun résultat d’enquête ni document permettant d’identifier la voix entendue sur la vidéo n’a été établi par les sources consultées. (leparisien.fr)
Verdict
Verdict : à nuancer. Les images authentifiées et la confirmation de la préfecture étayent le fait qu’un véhicule de police a avancé rapidement vers des jeunes à Dunkerque le 5 octobre et qu’une enquête administrative a été ouverte. En revanche, l’attribution de la phrase citée, l’intention du conducteur et d’éventuelles responsabilités individuelles ne sont pas établies. (lemonde.fr)
Ce qu’il faut retenir
La scène filmée n’est pas une invention, et l’enquête administrative est confirmée. Une enquête judiciaire distincte a ensuite été annoncée. Le point à ne pas escamoter est tout aussi important : voir la trajectoire d’un véhicule ne donne pas accès aux intentions de son conducteur, et entendre une voix ne suffit pas à identifier son auteur. (leparisien.fr)
Source principale : Libération (www.liberation.fr)
Article original : Consulter la source originale
Auteur : Pellissier Eliette
