Après les violences du 17 octobre, Gérald Darmanin a demandé aux parquets de poursuivre les auteurs avec une « extrême fermeté ». Invité du journal de 20 heures de TF1 le lundi 19 octobre 2026, le ministre de la Justice a fait état de 2 513 gardes à vue et de 67 personnes incarcérées à ce stade, tout en annonçant une instruction visant à traiter les faits sous la qualification de criminalité organisée.

Des poursuites présentées comme prioritaires

Le garde des Sceaux a dit avoir demandé aux parquets de France de se mobiliser contre les personnes soupçonnées d’avoir attaqué des bâtiments publics et des commerces, ainsi que des policiers, des gendarmes et des pompiers intervenus sur les lieux. Il a justifié cette fermeté par les dommages causés aux commerçants et aux services de secours, mais aussi par les violences subies par les forces de l’ordre.
Selon Gérald Darmanin, 600 policiers et gendarmes ont été blessés. Il a également souligné que les débordements avaient, selon lui, empêché des manifestants pacifiques de faire entendre leurs revendications.
2 513 gardes à vue annoncées
Au moment de son intervention, le ministre a dénombré 2 513 gardes à vue. Il a précisé que la majorité des personnes concernées se trouvait encore dans les services de police. Plus de 500 personnes avaient été déférées devant les tribunaux en vue de comparutions immédiates prévues lundi, mardi et mercredi, a-t-il indiqué.
Pour la seule journée du lundi 19 octobre, Gérald Darmanin a annoncé 67 incarcérations, dont 34 dans le ressort de la cour d’appel d’Aix-Marseille. Il a aussi fait état d’une peine pouvant atteindre cinq ans de prison, prononcée avec mandat de dépôt. Le ministre a demandé aux procureurs généraux, notamment à la procureure générale de Paris, de faire appel des peines qu’il jugerait insuffisantes.
Il a toutefois précisé que le bilan de la réponse pénale ne serait définitif qu’en fin de semaine.
Le Pnat observe la situation à Limoges
Interrogé sur l’incendie de la mairie de Limoges, le ministre a assuré que les autorités prenaient la situation au sérieux. Il a indiqué avoir parlé à plusieurs reprises au maire, Guillaume Guérin, et qualifié les images de « terribles » pour la ville et pour la France.
Selon Gérald Darmanin, le parquet national antiterroriste (Pnat) s’était placé « en position d’observateur » et devait annoncer dans les heures suivantes s’il se saisissait du dossier. Le ministre a estimé qu’une éventuelle saisine signifierait que les faits seraient considérés comme un acte terroriste. Il a évoqué l’hypothèse d’une organisation par des personnes d’ultra-gauche, sans présenter cette attribution comme établie.
Une instruction sur la criminalité organisée
Gérald Darmanin a également annoncé avoir adressé une instruction à tous les parquets pour demander que les faits soient examinés sous la qualification de criminalité organisée. Il a expliqué que cette orientation pourrait, selon lui, permettre de prolonger certaines gardes à vue de 48 à 72 heures et de recourir à des moyens d’enquête tels que la géolocalisation et les écoutes téléphoniques.
Le ministre a enfin mentionné l’exploitation des téléphones saisis et le recours au Traitement des antécédents judiciaires (TAJ), afin d’examiner la participation éventuelle des personnes gardées à vue aux pillages et aux attaques contre des mairies. Ces mesures et leurs modalités ont été présentées par le ministre au cours de son intervention.
Source : TF1 INFO – L'info pour tous et pour chacun (www.tf1info.fr)
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