Face aux difficultés du secteur agricole, des producteurs s’organisent pour vendre eux-mêmes leurs produits, notamment en ouvrant des magasins collectifs. À Châteauroux, « Les Paysans berrichons » réunit une dizaine d’exploitants autour d’une boutique lancée en mai. Ce modèle réduit le nombre d’intermédiaires, mais demande aussi du temps et une organisation logistique supplémentaire.

Un magasin collectif à Châteauroux

Porté par Baptiste Van Remoortere et une dizaine d’agriculteurs de la région, le magasin propose environ 1 600 références : viande, légumes, produits laitiers et boissons. Les prix y sont présentés comme proches de ceux de la grande distribution. Selon Baptiste Van Remoortere, les premières semaines ont dépassé les attentes des associés et la clientèle commence à se fidéliser.
Pour limiter le recours à des prestataires extérieurs, un atelier de transformation de la viande et de fabrication de charcuteries artisanales a également été aménagé à proximité du magasin. Les producteurs espèrent ainsi améliorer la rentabilité de leurs exploitations. En vendant directement, ils réduisent les intermédiaires et évitent les négociations avec les acheteurs de la grande distribution.
Une pratique déjà présente dans de nombreuses fermes
La vente directe s’inscrit dans le développement plus large des circuits courts. Selon les chiffres cités par le Journal du dimanche, la France compte plus de 600 magasins de producteurs et un quart des fermes pratique déjà la vente en circuit court. Vingt-huit magasins de producteurs auraient ouvert en 2025.
En Bretagne, l’Observatoire régional des circuits courts recense près de 3 200 fermes concernées par la vente directe. La Chambre régionale d’agriculture indique que 80 % des producteurs interrogés se disent satisfaits de ce mode de commercialisation et qu’un tiers a vu son chiffre d’affaires progresser. Les données publiées par la Chambre font également état d’une charge de travail importante pour une partie des exploitants interrogés. (paysan-breton.fr)
La gestion des stocks, la préparation des commandes et la vente représentent un effort supplémentaire. La charge logistique est estimée à trois heures par jour, que les produits soient vendus dans une boutique, à la ferme ou sur Internet. Cette contrainte accompagne donc les bénéfices espérés par les agriculteurs.
La demande locale, un débouché pour les producteurs
Les producteurs bio sont particulièrement présents dans la vente directe : selon les chiffres rapportés, un tiers d’entre eux y recourt. Leur activité liée à ce mode de commercialisation aurait doublé en dix ans, pour atteindre environ 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel, d’après l’Agence Bio.
Les consommateurs contribuent aussi à l’essor de ces circuits. Kantar indique que 64 % des Français achètent régulièrement en circuit court. L’institut relève également une progression de 12 % en un an du nombre d’adeptes parmi les 18-24 ans. La proximité et la traçabilité sont présentées comme des attraits de ces achats, y compris pour les jeunes consommateurs.
Source : Toute l'actualité du Journal du dimanche (www.lejdd.fr)
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Auteur : leJDD







