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Usurpation numérique : un faux profil LinkedIn met en lumière les vulnérabilités des entreprises
Il est un peu plus de 9 heures lorsque, sur l’écran d’un salarié, une notification LinkedIn attire l’attention. Une demande de connexion apparemment ordinaire, émanant d’un individu se présentant comme « Responsable développement RH chez PerformanSe ». Problème : ce poste clé n’existe pas dans cette entreprise nantaise, spécialisée dans l’évaluation des compétences.
Une alerte immédiate
Melany Payoux, docteure en psychologie cognitive et manager de l’innovation chez PerformanSe, souligne que « l’entreprise est de taille humaine, tout le monde se connaît ». Ce salarié, réalisant qu’il s’agit d’un faux profil, alerte rapidement sa hiérarchie. En quelques clics, l’équipe découvre un compte à la photo soignée mais sans aucune expérience détaillée ni publication. Ce décor crédible cache une réalité vide.
Une menace croissante
« C’est la deuxième ou troisième tentative d’usurpation que nous constatons », précise Melany Payoux. Les faux profils précédemment identifiés touchaient surtout des fonctions informatiques, souvent sous pseudonyme. Cette fois, la situation est plus sérieuse : un vrai prénom, un vrai visage, et un poste clé dans les ressources humaines. « Quand on touche aux RH, on touche potentiellement aux candidats, aux données personnelles, à la confiance », résume-t-elle.
Réaction rapide de l’entreprise
L’entreprise agit rapidement. Le profil est signalé à LinkedIn, et une communication interne est mise en place pour sensibiliser tous les collaborateurs. Un collègue tente même de contacter directement le faux profil, sans succès. Parallèlement, Melany Payoux partage son expérience sur LinkedIn, sans accuser directement quiconque, mais exprimant une colère froide face à cette injustice. Moins de douze heures plus tard, le profil est retiré de la plateforme.
L’essor des faux profils
Martin Pavanello, cofondateur de Mister IA, souligne que « créer un faux profil crédible aujourd’hui est extrêmement simple ». Une seule personne peut générer une photo réaliste, rédiger un parcours professionnel cohérent et même automatiser des publications LinkedIn. Ce qui a changé, c’est l’échelle : « On peut créer trente faux profils en une heure ». Des signaux d’alerte existent : des photos trop parfaites, par exemple, peuvent être suspectes.
Besoin de vigilance
Pour contrer cette menace, Pavanello insiste sur l’importance de vérifier la cohérence des parcours et d’avoir des échanges directs avec les contacts. Il est essentiel d’informer l’entreprise en cas de doute sur l’existence d’un profil. De son côté, PerformanSe a envisagé des recours juridiques, mais ceux-ci se sont révélés infructueux. « On nous a clairement expliqué qu’il n’y avait pas grand-chose à faire juridiquement », regrette Melany Payoux.
Une réflexion plus profonde
Avec le recul, cette expérience a conduit Melany Payoux à une réflexion plus symbolique. « C’est un peu le syndrome des grandes marques », analyse-t-elle. Si quelqu’un prend le temps de créer de faux salariés, c’est aussi parce que l’entreprise est visible et qu’elle dérange.
Pour éviter de telles situations, il est crucial de sensibiliser les équipes et d’anticiper les coûts liés à la gestion de la réputation en ligne. En parallèle, les entreprises peuvent comparer les options de services numériques pour renforcer leur sécurité, afin de réserver des solutions adaptées.
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