Une colonie de vacances près de Grasse accueille des chiens âgés et abandonnés depuis 20 ans.
Une colonie de vacances et un Ehpad pour chiens âgés près de Grasse
Dans un enclos ombragé, une dizaine de petits chiens se reposent. Callie, 16 ans, croisée griffon, peine à marcher après plusieurs AVC. Droopy, 18 ans, traîne la patte, tandis qu’Indy, 13 ans, croisée braque, est aujourd’hui aveugle. Ces animaux maltraités ou abandonnés ont trouvé refuge dans un havre de paix situé entre Cabris et Saint-Vallier-de-Thiey.
C’est ici que Francine Lenfant a fondé l’association SOS Foyers chiens âgés en septembre 2006, en compagnie de son mari Willy, décédé en 2022, et de leur fille Céline. Cette année, l’association célèbre ses 20 ans. Francine se remémore : « Quand nous nous sommes mariés en 1975, nous avions décidé qu’un jour nous ouvririons un refuge. » Alors qu’elle se lance dans une carrière de préparatrice en pharmacie, Willy devient peintre en bâtiment. Francine explique : « Je voyais beaucoup de personnes âgées hospitalisées qui ne savaient pas quoi faire de leur animal. » C’est ainsi que l’idée du refuge a pris forme.
« Pour certaines personnes âgées, se séparer de leur animal est un déchirement »
Derrière chaque arrivée au refuge se cachent des histoires uniques. Francine raconte : « On a des familles qui nous confient l’animal d’un proche décédé ou placé en Ehpad. » Parfois, c’est le maître lui-même qui doit se séparer de son compagnon. « Un homme âgé a déposé son chien parce qu’il ne pouvait plus le promener. Il a fondu en larmes. Pour certains, c’est un déchirement… » Des cas d’abandon sont également signalés, comme celui d’un labrador balancé par-dessus le portail du refuge, qui a dû être soigné pour une patte cassée.
Aujourd’hui, une cinquantaine de chiens vivent sur ce terrain de près d’un hectare. SOS Foyers chiens âgés as trois activités : refuge, fourrière pour animaux errants ou abandonnés, et pension, une activité qui génère des revenus nécessaires au fonctionnement de l’association.
« C’est un peu une colonie de vacances et un Ehpad pour chiens »
Les chiens ne sont pas logés dans de longues rangées de boxes, mais répartis dans des petits parcs, seuls ou en groupe selon leurs affinités. Ils bénéficient de voiles pour l’ombre, de bacs d’eau pour se rafraîchir, et d’un terrain de jeu de 1 000 m². Deux sorties hebdomadaires en forêt leur permettent de s’épanouir. Francine sourit en disant : « C’est un peu une colonie de vacances et un Ehpad pour chiens. »
Certains animaux sont proposés à l’adoption, tandis que d’autres resteront au refuge, notamment ceux qui sont malades ou devenus trop âgés. « Pour les petites races, au-delà de 15 ans, on ne les fait plus adopter, car cela peut leur être fatal. Ici, ils sont en bande, entre copains. »
Des frais vétérinaires élevés
Pour gérer cette structure, l’association emploie quatre salariés et peut compter sur 20 à 25 bénévoles réguliers. Les soins, le nourrissage et le nettoyage sont des tâches quotidiennes, soutenues par environ 335 adhérents qui participent au financement. Les soins vétérinaires coûtent environ 40 000 euros par an, avec près de 1 500 euros de nourriture chaque mois.
Une infirmerie sur place permet de faire venir directement un vétérinaire, évitant ainsi le stress des déplacements pour les chiens âgés. Des aménagements récents, financés par un don exceptionnel de 260 000 dollars d’une Texane en 2021, ont permis d’améliorer les infrastructures.
À la recherche de mécènes
L’association a néanmoins connu des difficultés, notamment en 2022, lorsqu’elle a été accusée de détournement de fonds. Bien qu’aucune suite judiciaire n’ait été donnée, cet épisode a entraîné une baisse significative des dons. Francine explique : « Ça a été une période difficile à vivre. On a gardé une partie de cet argent avec l’espoir de pouvoir un jour racheter le terrain et sécuriser le refuge. » Actuellement, l’association paie un loyer mensuel d’environ 2 000 euros.
Pour célébrer ses vingt ans, l’association organisera un événement le dimanche 20 septembre, avec des animations, du théâtre et des concerts sur le parvis de la médiathèque de Saint-Vallier.
Renseignements : facebook.com/sosfoyerschiensages
Source : Nice-Matin
