
Moins de journalistes, plus de précarité : Décryptage de la crise de la presse
Selon le baromètre social 2026 récemment publié, un tiers des journalistes en France sont en situation précaire, un chiffre qui atteint 61,2 % chez les moins de 30 ans. Cette situation alarmante soulève des questions sur l’avenir de la profession.
Jean-Marie Charon, chercheur associé à l’École des Hautes études en Sciences sociales (EHESS), souligne que la précarité des journalistes est principalement liée à la crise globale du secteur des médias. Il explique que ce phénomène n’est pas dû à la malveillance des directions, mais à un déséquilibre économique. Les modèles économiques des médias traditionnels sont en effet sous pression depuis plusieurs décennies, notamment à cause de l’essor des plateformes numériques telles que les moteurs de recherche et les réseaux sociaux.
L’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias indique que la diffusion de la presse écrite est en déclin constant, enregistrant une baisse de 3 à 3,5 % par an. Ce recul s’accumule chaque année, aggravant la situation financière des entreprises de presse.
Depuis l’apparition d’Internet, deux facteurs majeurs ont été introduits : la gratuité de l’information et le détournement des ressources publicitaires vers des acteurs numériques. Dans les années 2000, la situation n’était pas encore aussi perceptible, mais la décennie suivante a révélé l’ampleur des changements.
Les conséquences de cette précarité sont multiples et affectent non seulement les journalistes, mais aussi la qualité de l’information produite et la diversité des médias disponibles.
Source : Baromètre social 2026, Jean-Marie Charon.





