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Un bon niveau de production
En 2025, la SLN a produit 36 000 tonnes de nickel, soit 4 000 de plus que l’année précédente, marquée par des émeutes. Pour 2026, l’usine de Doniambo prévoit une production d’environ 40 000 tonnes. Bien que cela soit loin d’atteindre la capacité nominale d’environ 60 000 tonnes du complexe industriel, la tendance est positive, comme le souligne Guillaume Kurek, directeur général de la SLN. « La production tient grâce à un effort important de nos sites miniers en fonctionnement. Nous avons fait une bonne fin d’année 2025 et un bon début d’année 2026 en termes d’économie comme de production. »
Cette dynamique est également soutenue par des cours du nickel en hausse, en grande partie en raison des restrictions imposées par l’Indonésie sur la transformation locale et de l’augmentation unilatérale des prix du minerai. « Avec l’augmentation de la demande de nickel dans le monde, les cours vont continuer de se bonifier », prévoit Kurek. Ces éléments offrent une perspective rassurante aux 1 800 salariés, leur garantissant « un maintien de l’activité jusqu’à la fin de l’année et même un peu au-delà ».
Environ 280 salariés de l’usine de Doniambo étaient réunis, mardi 21 avril, au centre culturel du Mont-Dore, pour la présentation de la feuille de route 2026.
La direction de la SLN affiche un optimisme accru, espérant un retour à la rentabilité « en 2029-2030 ». Cependant, Kurek met en garde : « Il y a encore beaucoup d’incertitudes, mais les choses évoluent rapidement. »
Une reprise nécessaire sur les sites de la côte Est
Ce scénario optimiste dépend fortement de la reprise de l’exploitation des sites miniers de la côte Est. Depuis les émeutes de mai 2024, l’accès à sept domaines miniers, dont trois à Thio, est entravé par des conflits locaux. Le dernier blocage a eu lieu le 30 mars au centre minier de Kouaoua, entraînant la mise en congés payés de plusieurs salariés. Le désaccord porte sur le roulage, crucial après la destruction du convoyeur La Serpentine, incendié à plusieurs reprises. La SLN a tracé une route dans la vallée, mais des oppositions locales se sont manifestées. « Nous devons construire des ponts, et nous avons été confrontés à des oppositions locales », explique Kurek.
Face à l’incertitude concernant la reprise des chantiers des quatre ouvrages indispensables à l’exploitation du centre minier, « nous avons décidé de tout arrêter lors d’un conseil d’administration le 10 avril », précise le directeur général. Des sous-traitants locaux sont mobilisés pour poursuivre les travaux de la piste, mais « on continue à perdre beaucoup d’argent ». La SLN a déjà investi « 1,5 milliard de francs » pour maintenir son activité à Kouaoua.
Kurek reste cependant optimiste quant à la réouverture de quatre des sept sites bloqués (Kouaoua, Kiel, Stamboul et la mine Constantine) en 2026, tandis que les trois autres, ceux de Thio, pourraient reprendre en 2027. Cela garantirait « la création de 500 emplois » et porterait à « 63 milliards de francs » le montant injecté par la SLN « dans l’économie du pays ».
Nouveau soutien de l’État attendu
Dans le cadre de la mission interministérielle pour la Nouvelle-Calédonie, la SLN a reçu un prêt garanti par l’État de 240 millions d’euros (28,6 milliards de francs). Une première tranche de 115 millions d’euros (13,7 milliards de francs) a déjà été versée. Le versement de la deuxième partie, d’environ 15 milliards de francs, est prévu pour cette année. En échange, la SLN s’engage à monter en puissance. « Nous avons présenté un plan à l’État, avec un besoin de financement qui se réduit progressivement jusqu’en 2029. »
Cependant, la direction espère que le soutien de l’État concernant le coût de l’énergie sera réglé. La SLN « ne pourra jamais être rentable » sans ce concours, d’autant que le coût de l’énergie est particulièrement élevé en Nouvelle-Calédonie. Des discussions sont en cours avec le gouvernement français pour parvenir à un soutien financier durable, sous forme de « subvention ou de prix aidé pour baisser le coût du kilowattheure ».
Du minerai de KNS dans les fours de la SLN ?
En mai, la SLN prévoit de charger un minéralier avec du charbon actuellement stocké à KNS, fermée en 2024. Cette démarche vise à démontrer qu’il est possible « sans un gros investissement, de réaliser du chargement de minerai par le quai de KNS », souligne Kurek.
Si ce premier chargement se déroule comme prévu, « la séquence d’après sera de leur acheter du minerai ». Environ 200 000 tonnes extraites avant la fermeture de l’usine du Nord sont encore stockées, un minerai « très adapté à Doniambo ». Une décision du conseil d’administration de KNS est attendue. Une fois les 200 000 tonnes écoulées, cette nouvelle relation pourrait « enclencher une reprise de l’activité sur mine ».
Investissements pour l’avenir
La SLN mise sur le maintien de l’activité à Doniambo avec d’importants travaux prévus cette année. Le premier investissement concerne la réfection de la voûte du four n° 10, dont les travaux débuteront en juillet, représentant 1,6 milliard de francs. « Une voûte, c’est un engagement pour 10-15 ans, donc cela montre bien notre volonté de nous projeter et d’avoir un outil productif et compétitif », précise Kurek.
Le deuxième investissement engagé est la construction d’un nouvel atelier d’exclusion des poussières. L’atelier actuel n’est pas suffisamment puissant et oblige à évacuer régulièrement de la poussière dans l’atmosphère. « Nous respectons une réglementation très stricte, mais même si nous sommes conformes, ce n’est pas satisfaisant. » Le futur atelier devra absorber l’essentiel des poussières qui seront réinjectées dans les fours avec le minerai, et devrait être opérationnel en 2028, pour un coût total de 1,6 milliard de francs.
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