Remplacer sa chaise par un bureau debout peut sembler une réponse simple aux longues journées passées devant un écran. Pourtant, rester debout sans bouger n’est pas en soi une activité physique, et cette posture prolongée peut aussi fatiguer le dos et les jambes. Pour la plupart des postes de bureau, l’objectif est plutôt de varier les positions et de s’interrompre pour bouger, selon les possibilités du travail.

Assis ou debout : deux postures, des contraintes différentes

La position assise maintenue longtemps réduit les occasions de mouvement. Le comportement sédentaire est associé à plusieurs problèmes de santé, notamment cardiovasculaires et métaboliques. Il faut toutefois distinguer une association statistique d’un lien de causalité direct : le risque dépend aussi d’autres facteurs, dont l’activité physique, les habitudes de vie et l’état de santé.
Être debout sollicite davantage les muscles qui maintiennent l’équilibre, mais rester immobile longtemps peut entraîner fatigue musculaire, douleurs des pieds ou du bas du dos et sensation de jambes lourdes. Autrement dit, échanger une posture statique contre une autre ne supprime pas les contraintes. L’Organisation mondiale de la santé recommande de limiter le temps sédentaire et de le remplacer, lorsque c’est possible, par davantage d’activité physique, même légère. Les recommandations de l’OMS sur l’activité physique et la sédentarité ne préconisent pas de rester debout toute la journée.
Ce que montrent les données sur les calories
Une méta-analyse publiée en 2018 dans l’European Journal of Preventive Cardiology a regroupé 46 études portant au total sur 1 184 personnes. Elle estime que la dépense énergétique est légèrement supérieure debout qu’assis : environ 0,15 kilocalorie de plus par minute en moyenne. Les auteurs ont calculé qu’une personne de 65 kg dépenserait environ 54 kilocalories supplémentaires si elle remplaçait six heures assises par six heures debout chaque jour. C’est une estimation issue des études examinées, pas la promesse d’une perte de poids : elle ne tient pas compte de tous les facteurs individuels et ne signifie pas qu’il faudrait rester debout six heures. La méta-analyse publiée en 2018 porte sur la dépense énergétique, et non sur la preuve qu’un bureau debout prévient à lui seul une maladie ou fait maigrir.
Le plus utile : changer de position et se déplacer
Il n’existe pas de durée universelle à passer debout au bureau. Alterner assis et debout peut aider à éviter de maintenir la même posture trop longtemps, mais le rythme dépend des tâches, du poste et des besoins de chacun. Se lever pour prendre un document, marcher quelques instants entre deux tâches ou passer un appel en se déplaçant sont autant d’occasions de rompre l’immobilité, si le travail le permet.
L’INRS recommande de favoriser l’alternance des tâches et des postures, notamment avec un bureau réglable en hauteur. Un tel équipement peut faciliter les changements de position ; il ne remplace ni les déplacements ni l’activité physique. Son réglage doit permettre de travailler sans se pencher, avec les épaules relâchées et les équipements à portée de main. L’écran, le clavier et la souris doivent rester adaptés à la posture, assise comme debout.
Les limites à garder en tête
Les études sur la dépense énergétique ne répondent pas à toutes les questions sur les effets à long terme des bureaux assis-debout. Les bénéfices d’un équipement peuvent aussi varier selon l’usage, les tâches et la personne. Pour les douleurs, un poste mal réglé ou une posture maintenue peut contribuer à l’inconfort, quelle que soit la position.
Si travailler debout accentue les douleurs ou provoque une fatigue importante, il est préférable de changer de position et d’adapter le poste plutôt que de forcer. Un gonflement persistant des jambes, des douleurs inhabituelles ou des symptômes qui durent justifient de demander conseil à un professionnel de santé. Cet article apporte une information générale : il ne constitue ni un diagnostic ni une recommandation personnalisée.
Source : Santé Magazine. Pour les repères de prévention, l’article s’appuie également sur l’INRS et l’Organisation mondiale de la santé ; les données sur la dépense énergétique proviennent d’une méta-analyse publiée en 2018.
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