
Tchernobyl : 40 ans après la catastrophe nucléaire
Le 26 avril 1986, le quatrième réacteur de la centrale de Tchernobyl, en Ukraine, a explosé, entraînant l’une des pires catastrophes nucléaires de l’histoire. Des centaines de milliers de « liquidateurs », militaires et civils, ont été envoyés sur le site pour limiter les dégâts et décontaminer la zone. Ces travailleurs, souvent mal informés et mal protégés, ont payé un lourd tribut pour leurs efforts.
La priorité immédiate des liquidateurs était d’éteindre le graphite enflammé du réacteur, atteignant des températures supérieures à 600°C. Les scientifiques avaient estimé qu’il fallait agir avant le 8 mai pour éviter une explosion thermique. Les premiers liquidateurs ont été mobilisés pour des missions d’urgence, tandis que d’autres ont poursuivi leur travail pendant plusieurs années.
Malgré leur engagement, les liquidateurs n’étaient pas équipés de protections adéquates. Certains ont même fabriqué des dispositifs de fortune pour se protéger. Bien que des cachets d’iode aient été distribués, leur utilisation n’était pas systématique et souvent négligée.
Les liquidatrices, souvent cantonnées à des rôles subalternes tels que cuisinières ou aides-soignantes, ont également subi des violences et des pressions. L’expérience de Natalia Manzurova, l’une des rares femmes liquidatrices, met en lumière les défis auxquels elles ont fait face, y compris des violences sexistes et des avortements forcés pour éviter des malformations chez les enfants.
Les conséquences de cette exposition aux radiations ont été dévastatrices. Un rapport préliminaire de l’ONU en 2005 a évalué à 2.200 le nombre de décès liés à la radioactivité, un chiffre qui a depuis été revu à la hausse, bien que ces évaluations restent controversées. Les liquidateurs souffrent de cancers, de maladies cardiovasculaires et de problèmes psychologiques, en plus de faire face à l’ostracisme social à leur retour.
Une loi adoptée en 1993 a permis aux survivants de bénéficier d’une prise en charge par l’État ukrainien, mais beaucoup n’ont pas pu obtenir le certificat officiel de reconnaissance de leur statut. En avril 2011, plus de 2.000 liquidateurs ont protesté à Kiev contre une réduction des indemnités et des pensions de retraite.
Quarante ans après la catastrophe, les survivants continuent de lutter pour leurs droits et une reconnaissance adéquate de leur sacrifice.
Source : BFM TV



