Pigiste au Monde, de Tahar Ben Jelloun

Tahar Ben Jelloun : Un regard sur son parcours de pigiste au Monde

Tahar Ben Jelloun, écrivain reconnu et membre de l’Académie Goncourt, a partagé une facette marquante de sa carrière dans son ouvrage Pigiste au Monde. Ce récit offre une plongée dans le monde de la presse française, où il a exercé de 1973 à 2011, témoignant de l’évolution d’un secteur en mutation.

Une époque de rigueur

Collaborer au Monde dans les années 70, c’était naviguer dans un environnement où l’exigence de la langue était primordiale. À cette époque, le journal jouissait d’une réputation solide tant en France qu’à l’international, avec des articles scrutés avec attention. Ben Jelloun a eu la chance de travailler aux côtés de figures influentes comme François Blott et Pierre Viansson-Ponté, sous la direction de Jacques Fauvet, un rédacteur en chef emblématique.

Dans ce cadre, il a su mettre en lumière des réalités souvent ignorées, notamment celle des travailleurs immigrés marocains en France. Son article sur la solitude de ces travailleurs, publié en 1973, a été l’un des premiers à aborder cette thématique avec empathie et profondeur. En observant les dynamiques de la presse, il a également saisi les tensions et rivalités qui animent ce milieu.

Les défis du statut de pigiste

Ben Jelloun décrit avec lucidité le statut de pigiste, souvent perçu comme celui d’un journaliste de seconde zone. « Un pigiste, ce n’est pas un journaliste », souligne-t-il. Ce statut précaire, souvent associé à une invisibilité, a néanmoins permis à l’écrivain de développer ses compétences en vérification de l’information. Le processus laborieux d’écriture et de réécriture qu’il adopte témoigne de son souci du détail, une leçon qu’il a retenue de Jacques Fauvet : « Nous ne sommes pas pressés ; faut vérifier deux fois et plus s’il le faut avant d’imprimer. »

Une presse en mutation

Aujourd’hui, le paysage médiatique a considérablement changé. L’écrivain souligne que l’information est devenue sujette à controverse et moins respectée. Des voix critiques, comme celle de Roland Jaccard, évoquent une dévalorisation de la presse écrite, autrefois synonyme de rigueur et d’exigence.

Ben Jelloun, tout en se remémorant ses années au Monde, ressent une certaine nostalgie face à l’évolution du journalisme. Écarté progressivement des colonnes du quotidien, il a mis un terme à sa collaboration en 2011. Malgré les souvenirs positifs, il admet une amertume face à cette invisibilité que ressentent encore de nombreux pigistes.

Conclusion

Le récit de Tahar Ben Jelloun est à la fois un hommage à une époque où la presse avait un poids considérable et une critique des dérives contemporaines. Son expérience illustre les défis auxquels font face les journalistes, en particulier ceux qui, comme lui, évoluent dans l’ombre. Pour explorer davantage le monde du voyage, n’hésitez pas à réserver vos prochaines aventures ou à comparer les meilleures offres de transport.

En somme, Pigiste au Monde est un témoignage poignant qui invite à réfléchir sur la place de la presse dans notre société actuelle.

Pigiste au Monde, de Tahar Ben Jelloun
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