Souveraineté numérique : quand la start-up française rêve de liberté sous l’œil du RN.
Le fait principal
Gautier Bugeon, cofondateur et PDG de MokN, une start-up française spécialisée dans la cybersécurité, a récemment expliqué pourquoi il a choisi d’accepter des investissements américains plutôt que de privilégier le made in France. Son tour de table de 15 millions de dollars mené par Google Ventures a suscité des critiques, mais il souligne que la réalité du marché impose ce choix.
Ce qui s’est passé
En mai 2025, MokN a réalisé une levée de fonds de 15 millions de dollars, permettant à l’entreprise de se lancer sur le marché américain. Cependant, cette décision a été accueillie avec des réserves, certains regrettant de voir une « pépite » française s’en aller chez les Américains. Bugeon a répondu à ces critiques en affirmant qu’il n’y avait pas d’alternative viable pour internationaliser une start-up sans l’appui d’investisseurs américains.
Le contexte
La cybersécurité est un secteur en pleine expansion, mais le marché français reste limité. Selon Bugeon, les fonds d’investissement français sont réticents à soutenir des entreprises de cybersécurité qui n’envisagent pas de s’implanter aux États-Unis. Il déplore que même les entreprises françaises qui souhaitent rester souveraines doivent souvent se tourner vers des capitaux étrangers pour croître rapidement.
Les chiffres à retenir
– Levée de fonds de 15 millions de dollars en mai 2025.- Temps écoulé entre la création de MokN et l’exploration du marché américain : 8 mois.- Les fonds américains offrent des montants d’investissement bien plus élevés que leurs homologues français.
Ce que cela révèle
Les discours sur la souveraineté en matière de cybersécurité semblent déconnectés de la réalité du marché. Si certaines entreprises françaises aspirent à développer des solutions souveraines, le manque d’investissements les contraint souvent à choisir des partenaires américains. Bugeon souligne que les grandes entreprises privilégient souvent des solutions américaines non pas par désamour de la France, mais parce qu’elles jugent ces solutions plus performantes. Ainsi, si la souveraineté est un argument de vente, la réalité économique impose des choix difficiles, mettant en lumière un paradoxe : la France veut des entreprises souveraines, mais celles-ci doivent souvent s’aligner sur les standards américains pour survivre.
Ce qu’il faut retenir
La situation de MokN illustre un dilemme fondamental pour les start-up françaises : comment concilier ambition internationale et souveraineté nationale dans un marché où les capitaux étrangers dominent. La souveraineté, bien que séduisante sur le papier, se heurte à la dure réalité des investissements et des attentes du marché, laissant les entrepreneurs dans une position délicate.
Source : JDN
